MONTRÉAL - Les organismes qui viennent en aide aux femmes autochtones lancent un cri d’alarme. Selon eux, les coupes budgétaires fédérales mettent en péril leur capacité à fournir des services adéquats.
Le Foyer pour femmes autochtones de Montréal (FFAM) a récemment perdu trois postes cruciaux, dont une consultante en abus sexuels, une coordonnatrice de programmes et un superviseur clinique. Ceci fait suite à la décision fédérale de ne pas renouveler le financement de la Fondation autochtone de guérison, un important bailleur de fonds.
«Nous avons dû couper dans les services et ressources adaptés aux autochtones, dans l’épicerie, les produits de toilette et d’hygiène personnelle, les billets d’autobus, etc.», a dit Terri Normandin du FFAM.
«Le départ de trois travailleurs au FFAM est une grosse perte, a affirmé Joey Saganash, chef d’équipe du Centre d’amitié autochtone de Montréal. C’est le seul centre d’hébergement d’urgence qui soutient les femmes autochtones, inuites et métis en difficultés, et leurs enfants, à Montréal. Nous leur référons plusieurs personnes.»
«Les femmes ont vécu des relations abusives, des problèmes de toxicomanie, certaines ont parfois perdu leur enfant, a ajouté M. Saganash. Lorsque les autochtones arrivent en milieu urbain, ils sont désorientés et ont besoin d’un soutien pour combler leurs besoins essentiels. Ils n’ont plus leur conseil de bande pour prendre soin d’eux.»
«Les centres d’hébergement non autochtones ne sont pas adaptés aux femmes autochtones étant donné leur approche plus féministe qu’holistique », note France Robertson, coordonnatrice du dossier promotion à la non-violence et maisons d'hébergement des Femmes autochtones du Québec (FAQ).
Les autochtones seraient trois fois plus susceptibles que les non autochtones d’être victimes de violence. Un rapport rédigé en 2006 par Statistique Canada indique que 54 % des femmes autochtones contre 37 % des femmes non autochtones ont déclaré des formes de violence plus graves et pouvant mettre leur vie en danger.
Coupes budgétaires fédérales : Les foyers autochtones appellent à l’aide