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Éducation

Le privé toujours plus populaire


Sébastien Ménard
11/07/2010 09h14 
Éducation - Le privé toujours plus populaire
Les écoles publiques perdront encore des milliers d’élèves l’an prochain, dont une partie au profit des écoles privées. 
© Agence QMI/Martin Chevalier

La popularité des écoles privées ne se dément pas. La proportion d’élèves qui les choisiront continuera de grimper au détriment du réseau public, en septembre prochain, ce qui préoccupe de nombreux observateurs.

Malgré toutes les campagnes menées pour «revaloriser l’école publique», 12,73% des élèves québécois se tourneront vers le réseau privé en 2010-2011, révèlent les plus récentes prévisions du ministère de l’Éducation obtenues par le Journal.

Il s’agit d’une légère augmentation par rapport à la situation qui prévalait l’an dernier et, surtout, d’un nouveau sommet.

La baisse démographique qui frappe de plein fouet les écoles publiques du Québec depuis plus d’une décennie affectera pour la première fois le réseau privé. Celui-ci devrait accueillir 124 587 élèves, en septembre prochain, une diminution de quelques centaines d’écoliers par rapport à l’an dernier. Mais cela n’a rien à voir avec le déclin marqué que connaît le réseau public, qui comptera quelque 12 000 élèves de moins qu’en septembre 2009, et 150000 de moins qu’il y a 10 ans.

Au total, cette situation fera grimper la proportion d’élèves qui opteront pour l’école privée au lieu de l’école publique (voir encadré).

Préoccupant

La popularité du réseau privé connaît une croissance légère, mais constante depuis 2005, un phénomène qui «préoccupe» le professeur Gérald Boutin, de l’UQAM. «L’augmentation n’est pas faramineuse, mais elle est constante, dit l’expert. On ne peut pas banaliser cette réalité-là.»

À son avis, la situation est attribuable «à l’image très idéalisée» que la société québécoise se fait des écoles privées.

La présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Josée Bouchard, abonde dans le même sens.

«Il y a encore des perceptions à l’effet que les parents qui envoient leurs enfants au privé auront de meilleurs services», déploret- elle.

Mme Bouchard reconnaît que plusieurs campagnes de sensibilisation ont été menées pour renverser la tendance, «mais ce n’est vraiment pas suffisant», dit-elle.

Chantal Longpré, de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement, souligne que le réseau public doit faire preuve d’une «plus grande créativité» pour répondre aux besoins de tous les élèves qui lui sont confiés. «Les enseignants et les directions d’école, du privé comme du public, sont formés de la même façon, dit-elle. Il est faux de penser que l’enseignement privé est meilleur.»

Se réinventer

Selon Mme Longpré, «l’école publique doit se réinventer» si elle souhaite rivaliser avec le réseau privé.

«Il faut revoir tout l’aspect de l’autonomie de fonctionnement, toute la flexibilité et la capacité des écoles à prendre des décisions près de l’élève. C’est ce qui se passe au privé», dit-elle.

Les commissions scolaires souhaitent plutôt que le gouvernement lance «un vrai débat» sur le financement des écoles privées.

«On n’est pas contre l’école privée au Québec, mais avec un système qui est financé à 60 % par l’État, c’est un encouragement à se diriger vers le privé», croit Josée Bouchard.

Le professeur Gérald Boutin estime qu’il faut éviter de tomber dans «des positions très radicales», comme l’abolition complète des subventions aux écoles privées.

Il juge néanmoins qu’un financement public de 60 %, «c’est quand même très important par rapport à d’autres pays».



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