«Il y a beaucoup d'argent qui se perd en éducation. On n'en manque pas, c'est juste qu'il est mal dépensé.»
La présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement, Chantal Longpré, ne mâche pas ses mots pour critiquer l'augmentation du nombre de gestionnaires dans les commissions scolaires.
À son avis, celles-ci ont tendance à créer «un poste supplémentaire, chaque fois qu'il y a une nouvelle politique ou un nouveau plan ministériel.»
«Les sièges sociaux des commissions scolaires grossissent et les écoles rapetissent, s'indigne la porte-parole des directeurs d'école du Québec. Ce n'est pas normal, c'est même hautement questionnable de voir le nombre de gestionnaires augmenter.»
«Si on vivait une vraie décentralisation dans les écoles, on ne serait pas obligé [d'avoir autant d'employés] dans les commissions scolaires pour contrôler ce qui se passe dans les établissements», peste-t-elle.
Justifier «la machine»
Chantal Longpré ne digère pas que la Fédération des commissions scolaires attribue aux directeurs d'école une partie de l'augmentation du nombre de gestionnaires.
«Le nombre de directeurs d'école est déter miné en fonction du nombre d'élèves, assure-t-elle. Cela signifie qu'au mieux, on en a le même nombre. Je trouve ça épouvantable qu'on essaie de justifier la machine sur le dos des directeurs d'école.»
«Je suis désolée, mais les 700 gestionnaires de plus ne se trouvent pas dans les établissements», martèle-t-elle.
«Ce sont autant de personnes qui ne sont pas dans les écoles et dont on aurait besoin», dit Mme Longré.