Selon le chercheur Robert Dubois qui termine actuellement un doctorat sur l’épuisement professionnel chez les enseignants, de 20 à 25 % des jeunes professeurs décident de quitter le monde scolaire avec moins de trois années d’expérience.
Selon lui, trois causes poussent les jeunes professeurs à quitter l’école de façon prématurée.
Dans un premier temps, les jeunes enseignants seraient très mal accueillis et intégrés dans les commissions scolaires. «Parce que le travail est déterminé par ordre d’ancienneté, le jeune professeur se voit attribuer des tâches insensées. Avec une formation en géographie et en histoire, il doit enseigner l’anglais, le français et les mathématiques à des groupes difficiles, dans des locaux éparpillés dans l’école. En fait, nous devrions confier ces tâches difficiles aux meilleurs enseignants de l’école. Les jeunes profs sont très bien formés sur le plan de la matière. Par contre, ils ont de la difficulté avec la gestion de classe», soutient M. Dubois, qui est enseignant au secondaire depuis 27 ans.
À temps partiel
Les contrats à temps partiel seraient également problématiques. «Les jeunes profs arrivent difficilement à une permanence. On les considère comme des bouche-trous. De contrat en contrat, ils se retrouvent un peu partout. Même s’ils ont une tâche à 100 %, on ne les paye pas à 100 %. Ce n’est pas très motivant. Ils n’ont aucun sentiment d’appartenance», déplore le chercheur de l’Université de Montréal.
Finalement, les jeunes enseignants manqueraient d’encadrement. «Ils ont besoin d’un mentor pour les encourager. Ici, on ne peut pas compter sur les directions d’école, qui sont actuellement débordées par les dossiers qui leur sont confiés. La gestion des jeunes enseignants, c’est le dernier de leur souci. Ici, on pourrait libérer des profs d’expérience pour accompagner deux ou trois jeunes enseignants», propose M. Dubois.
Violence
Selon lui, outre ces trois causes, les actes de violence ne sont pas étrangers à ce taux de décrochage élevé chez les professeurs. « Des profs à mon école se sont fait menacer de mort par des élèves. Ce n’est pas normal», insiste-t-il.
«C’est très dommage, poursuit le chercheur de l’UdeM. J’ai vu d’excellents jeunes professeurs, très doués, abandonner après un certain nombre d’années. Ils sont partis faire autre chose de plus payant. Ce n’est plus un emploi très valorisant.»