MONTRÉAL - Parents et direction d’établissements scolaires déplorent que la Fédération autonome d’enseignement (FAE), en grève mardi, use du moyen de pression de dernier recours pour faire valoir ses arguments alors que d’autres regroupements d’enseignants ont conclu une entente.
La Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ) et la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE) ont déploré en entrevue téléphonique, le fait que 300 000 élèves Québécois seront à la maison plutôt qu’à l’école, mardi.
«C’est dommage qu’on en arrive à une grève à ce moment-ci alors que d’autres semblent avancer, indique le président de la FCPQ, François Paquet. Tant qu’il n’y avait pas d’entente, c’était facile à dire que les négociations bloquaient, mais ce n’est plus le cas.»
En effet, des ententes de principe ont été conclues à la fin mai pour la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) et l'Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec (APEQ-QPAT).
Même son de cloche du côté de la FQDE. «On est d’accord avec des demandes d’amélioration des conditions d’enseignement et on reconnaît le droit de la FAE, mais on se demande pourquoi ils ne se sont pas entendus sur les mêmes choses que leurs pairs», se questionne la présidente Chantal Longpré.
Cette dernière affirme que la grève constitue certainement une façon de se faire entendre, mais pas un moyen de se faire comprendre.
Casse-tête pour les parents
Les parents seront les premiers à écoper de la grève, croient les deux organisations, alors que les commissions scolaires ont déjà annoncé que les services de garde ne seraient pas ouverts, mardi.
M. Paquet s’attend pour sa part à un taux d’absentéisme très élevé dans les entreprises des régions touchées, mardi.
«On ne conseille pas de ne pas rentrer au travail, mais c’est sûr que plusieurs parents rencontreront des problèmes. Ils n’ont pas tous la chance d’avoir des grands-parents à la retraite. Ils devront être flexibles», croit-il.
Retard dans les cours
Les cinq heures que perdront les élèves dans leur programme d’enseignement ne pourront être reprises et c’est ce que déplore Mme Longpré.
«L’enseignement des matières et l’acquisition des compétences ne sont pas terminés dans plusieurs des écoles touchées. L’année scolaire ne sera pas prolongée non plus. Pour ne pas pénaliser les enfants, les enseignants devront réorganiser leur enseignement», indique-t-elle.
Les évaluations ne devraient pas non plus être retardées, souligne-t-elle.
La majorité des élèves touchés seront concentrés sur l’île de Montréal.