«Ça explique pourquoi le gouvernement ne veut pas rouvrir le débat sur le financement des écoles privées», dit une source du monde scolaire, qui a requis l'anonymat.
Le Journal révélait hier que dans 20 écoles de la province, plus de la moitié des élèves abandonnent leurs études avant d'avoir obtenu la moindre qualification.
La présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Josée Bouchard, croit que la concurrence du privé «fait partie des facteurs qui expliquent la situation qu'on connaît actuellement.»
Au Québec, les collèges privés sont subventionnés à hauteur de 60%.
«Plus on écrème le public au profit du privé, moins les jeunes ont de modèles performants [qui peuvent leur donner le goût de poursuivre leurs études]», dit Josée Bouchard. Elle déplore que des élus, «même dans les commissions scolaires», aient décidé d'inscrire leurs enfants au privé.
Un message clair
«On n'ose pas le dire, lance Mme Bouchard, mais on a des ministres, des députés, qui envoient leurs enfants au privé. Ça ne lance pas le message que le réseau public est important», soupire-t-elle.
Josée Bouchard a refusé de nommer ces élus, mais la ministre de l'Éducation en fait partie. Son attachée de presse, Tamara Davis, confir me que les deux fils de Michelle Courchesne ont effectué «une partie» de leur scolarité au privé.
Sous le couvert de l'anonymat, des observateurs ont dénoncé le choix qu'a fait la ministre pour ses enfants, il y a quelques années. L'un d'eux a aujourd'hui terminé ses études et l'autre est à l'université.
Tamara Davis assure que cela ne représente pas un désaveu de l'école publique.
«Pas du tout, insiste-t-elle. La ministre a toujours dit qu'il y a des enseignants et des directeurs d'établissement dévoués, dans les établissements publics. Il s'agit plutôt d'un choix »personnel", dit Mme Davis.
La présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement, Chantal Longpré, ne se formalise pas du choix de la ministre.
Si elle a envoyé ses enfants au privé, c'était sans doute pour «leur rendre le meilleur service», pense-t-elle. «Ce qui serait intéressant, c'est qu'on ait le même éventail de services au public et au privé, ce qui n'est pas le cas actuellement», dit-elle.