Le syndicaliste québécois Michel Chartrand, malade depuis plusieurs années, s’est éteint à l’âge de 93 ans.
Son fils Dominique Chartrand a confirmé la nouvelle lundi matin sur son compte Facebook.
Ardent défenseur des droits des travailleurs, il a été emporté par un cancer aux reins.
Figure marquante du monde syndical, il a été de toutes les batailles sociales importantes au Québec pendant près de 70 ans. Né le 20 décembre 1916 à Outremont, il a notamment été pendant 10 ans président du Conseil central de la CSN, un regroupement qui comptaient à l'époque plus de 60 000 membres.
Il s’est fait connaître pendant la Deuxième Guerre mondiale en s’opposant à la conscription obligatoire.
Dès les années 1950, Michel Chartrand a participé aux conflits d'Asbestos, de Murdochville et de Dupuis Frères. Il a été envoyé en prison à plusieurs reprises, notamment durant quatre mois lors de la Crise d'octobre en 1970, alors qu'il soutenait le Front de libération du Québec.
Dans les années 80, il s'est attaqué à une autre forme d'injustice: le traitement réservé aux victimes d'accidents de travail. Il a même hypothèqué sa maison pour mettre sur pied la Fondation pour aider les travailleurs accidentés (FATA).
En 1998, à l'âge de 81 ans, il s'est présenté contre le premier ministre Lucien Bouchard dans la circoncription de Jonquière. Au Déficit zéro, il répondait: «Pauvreté zéro».
Michel Chartrand est un symbole de courage et de persévérance pour bien des Québécois. Sa femme, Simonne Monet-Chartrand, a milité à ses côtés jusqu'à son décès, en 1993. Le couple a eu sept enfants.