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Éducation

53 Profs avec «un» diplôme du secondaire

Sébastien Ménard
Le Journal de Montréal
13/04/2010 04h32 
Éducation - 53 Profs avec «un» diplôme du secondaire
Près de 1 900 enseignants non qualifiés travaillent actuellement dans les écoles du Québec. 
© Photo D'Archives

Les écoles du Québec continuent d'embaucher en grand nombre des personnes non qualifiées pour enseigner à leurs élèves, a appris le Journal. Victimes d'une importante pénurie de profs, elles se sont tournées vers au moins 53 personnes qui ne détenaient qu'un diplôme du secondaire, depuis le début de l'année scolaire.

Des données obtenues auprès du ministère de l'Éducation révèlent que 1 898 personnes qui ne détiennent aucun permis d'enseignement ont été embauchées comme professeurs au cours des huit derniers mois.

Une fois sur cinq, ces enseignants non légalement qualifiés ont trouvé du travail dans une école privée.

Même si la majorité de ces profs ont fait des études universitaires dans un autre domaine que l'enseignement, 260 d'entre eux ne possédaient qu'un diplôme d'études collégiales, en février der nier, et 53 personnes n'avaient qu'un diplôme d'études secondaires.

La situation semble moins critique qu'en 2008-2009, cependant, alors que 2 400 «tolérances d'engagement» avaient été délivrées à autant d'enseignants non qualifiés, dont 94 à des profs qui détenaient seulement un D.E.S.

N'empêche, «le problème reste entier», déplore la présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement, Chantal Longpré. «On n'a toujours pas réussi à valoriser l'enseignement, constate-telle. Qu'est-ce qu'on a mis en place pour renverser la vapeur, depuis l'an passé ? Probablement rien.»

Selon Mme Longpré, l'embauche massive de profs non qualifiés peut mener à une «éducation au rabais.» «C'est sûr que, dans ces personnes-là, il y en a qui ont des compétences de mathématicien ou de musicien. Mais il y aussi le contraire, c'est-à- dire des gens qui n'ont ni une formation en enseignement ni dans la matière qu'on leur demande d'enseigner. Là, on peut mettre en doute l'efficacité de l'enseignement qui va être donné aux élèves», dit-elle.

Chantal Longpré croit que les directeurs d'école n'ont souvent pas d'autre choix que de se tourner vers des enseignants non qualifiés. «Comme direction d'école, on doit assurer la présence d'un adulte dans la classe. Si on se trouve à demander des tolérances, c'est parce qu'on n'a trouvé personne de qualifié pour occuper le poste», indique-t-elle. La pénurie d'enseignants frappe d'abord l'adaptation scolaire et l'anglais, deux secteurs sur lesquels le gouvernement a mis l'accent, souligne Mme Longpré.

Une mesure «exceptionnelle»

Au ministère de l'Éducation, on reconnaît qu'il est préférable qu'une personne responsable d'une classe «possède une formation solide dans la discipline, en pédagogie et en gestion de classe».

«C'est pourquoi des mesures ont été mises en place pour permettre à ceux qui enseignent actuellement sans être passés par la formation des maîtres, d'améliorer leur qualification en les amenant graduellement à obtenir leur permis permanent», rappelle la porte-parole du ministère, Ahisia Ahua.

Elle fait valoir que la tolérance d'engagement est une mesure «exceptionnelle» et temporaire. «C'est à la commission scolaire de trouver la meilleure personne pour combler un poste», ajoute-t-elle.





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