MONTRÉAL - Chaque année, des patients provenant de l'extérieur du pays laissent derrière eux des millions de dollars de comptes en souffrance après avoir reçu des traitements dans des hôpitaux québécois, rapporte TVA.
Les médecins québécois ont l'obligation de prodiguer des soins aux personnes malades qui se présentent à l'urgence, qu’elles soient couvertes ou non par la Régie de l’assurance maladie. Le problème, c'est que plusieurs touristes bénéficient de ces soins avant de retourner chez eux sans payer.
À Montréal, 976 patients étrangers qui ont été soignés au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) n'ont toujours pas réglé leur note, selon des documents obtenus par TVA. En tout, ils doivent près de 3 millions $ au centre hospitalier.
Dans la ville de Québec, 80 touristes ont laissé une note salée de 111 000 $ au Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ). En Estrie, où les pentes de ski sont arpentées par de nombreux touristes, dont plusieurs Américains, on recense 840 mauvais payeurs devant plus de 295 000 $.
Enfin, les hôpitaux de Gatineau n’ont toujours pas été payés par 74 patients étrangers, dont la dette s’élève à environ 357 000$.
Le directeur général associé du CHUM, Serge Leblanc, explique qu’il est impossible pour les hôpitaux de refuser des patients étrangers même si on ignore s’ils sont en mesure de payer. «Si vous arrivez dans une de nos urgences, vous venez du Maroc, vous n'avez pas de cartes de crédit et que vous êtes malade, je n'ai pas le choix de vous soigner indépendamment du crédit que vous avez. Que ce soit une mauvaise créance prévue d'avance ou non, on doit vous offrir le même service», a-t-il expliqué à TVA.
Il ajoute qu’on pourrait demander aux patients étrangers de payer à l'avance, mais que les circonstances s’y prêtent rarement: «Prenons l'exemple d'une femme, non-résidente canadienne, qui se présente ici parce qu'elle est sur le point d'accoucher, a-t-il dit à TVA. Est-ce qu’on va lui demander sa carte de crédit? Avouons que c'est un peu délicat.»
Les hôpitaux collaborent avec des agences de recouvrement, mais il est très difficile pour les huissiers de coincer les mauvais payeurs se trouvant à l’étranger.
«On est malheureusement pris en otage. On doit offrir le service. On ne peut quand même pas se déshumaniser», conclut Serge Leblanc.