La situation préoccupe d’autant plus l’OIIQ que le budget provincial sera déposé dans moins de deux semaines.
La direction de l’OIIQ n’est pas la seule à s’alarmer. Les universités offrant la formation de soins de première ligne aux infirmières se demandent même s’ils ne devront pas annuler leur formation de 2010, faute de financement.
«La situation est tellement urgente que s’il n’y a pas d’annonce claire de financement dans les prochains jours, soutient Mme Desrosiers, la formation des futures IPS pour l’année 2010 est compromise.»
La présidente de l’OIIQ, Gyslaine Desrosiers, rappelle que le ministre de la Santé et des Services sociaux s’est officiellement engagé lors du dernier congrès annuel, devant plus de 2000 infirmières, à financer l’ouverture de ces postes et même leur formation universitaire. «Nous avions cru alors que c’était une question de jours», indique-t-elle.
Les besoins financiers pour la formation et l’ouverture de poste se chiffreraient à 100 millions$, selon l’OIIQ.
«Pourtant en décembre 2009, les ministres de la Santé et de l’Éducation, M. Bolduc et Mme Couchesne, avaient donné le feu vert à la présentation d’un dossier de financement tant pour les postes de praticiennes que pour les programmes de formation. Une décision du Conseil des ministres à ce sujet était imminente. Depuis, rien n’émane du gouvernement», insiste Mme Desrosiers.
Dévoilement sous peu
L’attachée de presse du ministre Bolduc, Karine Rivard, assure que le ministre Bolduc dévoilera sous peu son plan pour la formation et le déploiement des praticiennes de première ligne.
Mme Rivard, rappelle toutefois que l’ex-ministre de la Santé, Philippe Couillard, a investi 13,3 millions $ en juin 2008 pour former 115 praticiennes de première ligne. «Elles seront embauchées d’ici deux à trois ans», assure la porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux.
D’ici là, l’OIIQ devra faire preuve de patience. Mme Rivard l’admet «il faudra plusieurs années avant de pouvoir atteindre l’objectif des 500 IPS, puisqu’il faut d’abord les former».
Engagement électoral
L’OIIQ rappelle par ailleurs au premier ministre Jean Charest sa promesse électorale de 2008 de faire de l’embauche des praticiennes, sa priorité numéro un dans le dossier de la santé. «Qu’est-ce que le gouvernement attend pour annoncer la solution qui fait largement consensus pour réorganiser la première ligne (du réseau de la santé) au Québec?», soulève Mme Desrosiers. Tandis que l’Ontario compte 1240 infirmières praticiennes de première ligne, le Québec n’en déploie que 19. «Partout où elles exercent, elles font une différence notable sur les délais d’attente et l’accès aux soins de santé», note Mme Desrosiers en faisant remarquer que près de 1,5 million $ de Québécois n’ont pas de médecin de famille.
L’OIIQ souhaite que le gouvernement Charest fasse autant d’efforts que les autres provinces canadiennes qui mettent les bouchées doubles pour financer le développement des praticiennes dans le système de la santé.
Le Québec est actuellement en queue de peloton relativement à l’embauche d’infirmières praticiennes de première ligne.