MONTRÉAL - Les deux partis d’opposition à l’Hôtel de ville et une coalition de citoyens demandent au maire de Montréal de retirer de l’ordre du jour du prochain conseil municipal un vote qui permettrait la transformation de l’ancien couvent Mont-Jésus-Marie en condos de luxe.
L’administration du maire Gérald Tremblay n’a pas l’intention de reculer.
Le dossier controversé de la conversion du couvent situé au 1420 boulevard Mont-Royal, à Outremont, a été remis à l’ordre du jour de la prochaine réunion du conseil municipal, lundi prochain.
Le mois dernier, des absences et des dissensions au sein même du parti au pouvoir, Union Montréal, avaient empêché le changement de zonage.
Ce règlement est nécessaire pour permettre à l’Université de Montréal, propriétaire du couvent Mont-Jésus-Marie, de le vendre au promoteur immobilier Catania.
«Morcellement de la montagne»
Mardi, en conférence de presse, les membres de la coalition d’opposants au projet ont estimé que la Ville devait permettre un débat sur l’avenir des bâtiments patrimoniaux du mont Royal avant d’approuver ce projet.
«L’enjeu du 1420 touche de plein fouet l’ensemble des Montréalais. C’est le début du morcellement du mont Royal», a affirmé la conseillère Elsie Lefebvre, représentante de Vision Montréal dans ce dossier.
Quatorze institutions différentes sont propriétaires de l’ensemble des bâtiments patrimoniaux sur la montagne.
Pour l’ancien député provincial Daniel Turp, membre de la coalition, le fait que l’acquéreur du bâtiment soit le promoteur Catania, «un groupe dont on connaît les démêlés avec la justice et qui est présentement sous enquête», pose aussi problème.
La Ville ne bougera pas
En fin d’après-midi, le vice-président du Comité exécutif et bras droit du maire, Alan DeSousa, a soutenu que toutes les réflexions avaient déjà été faites et qu’il faut maintenant passer à l’action.
«On a déjà pris toutes les mesures que l’Office de consultation publique de Montréal nous a demandé de prendre. On arrive au moment de prendre des décisions, et il ne faut pas avoir peur de les prendre», a-t-il dit.
D’ici lundi prochain, les opposants au projet enverront une lettre à tous les résidents d’Outremont pour les enjoindre de signer leur pétition, d’écrire aux élus pour manifester leur désaccord et de se présenter en grand nombre à l’hôtel de ville à la réunion du conseil.
Ils n’excluent pas, en cas d’échec devant le conseil municipal, de demander à la ministre de la Culture Christine Saint-Pierre d’intervenir pour empêcher la vente.