Les chauffeurs de taxi sont consternés

Navette vers l'aéroport - Les chauffeurs de taxi sont consternés

La création d’une ligne d’autobus directe entre le centre-ville et l’aéroport est une «catastrophe» pour les chauffeurs de taxi.© Agence QMI - Archives


Jean-Louis Fortin

MONTRÉAL - La création par la Société de transport de Montréal (STM) d’une ligne d’autobus directe à 7 $ entre le centre-ville et l’aéroport Trudeau fait le bonheur de bien des voyageurs. Elle constitue cependant une «catastrophe» pour les chauffeurs de taxi.

Dès le 29 mars, le nouveau circuit, baptisé «747» en référence à l’avion du même nom, reliera la gare d’autobus près du métro Berri-UQAM et l’aéroport.

En chemin, neuf arrêts sont prévus durant le parcours de 30 à 50 minutes, dont au métro Lionel-Groulx et à la Gare Centrale.

En payant comptant, il faudra débourser 7 $ pour prendre l’autobus, un tarif qui donnera le droit d’utiliser l’ensemble du réseau de la STM durant 24 heures. Un titre à 14 $, destiné principalement aux voyageurs et valide pendant 72 heures dans tout le réseau, sera aussi offert.

Les détenteurs d’un titre mensuel CAM ou TRAM pourront cependant monter sans frais à bord de l’autobus.

Les taxis fulminent

Les chauffeurs de taxi, qui demandent 38 $ pour une course entre le centre-ville et l’aéroport, crient à l'injustice.

Dory Saliba, porte-parole du Regroupement des corporations et coopératives de taxis montréalaises, qui représente 85% des chauffeurs, affirme que son industrie n’a jamais été consultée avant la mise en place de la ligne 747.

«C’est une très mauvaise nouvelle, une catastrophe pour l’industrie. On compte sur ces voyages (entre l’aéroport et le centre-ville) pour arrondir nos journées», déplore-t-il en entrevue.

Pour lui, les chauffeurs de taxi «n’ont pas les moyens de baisser leurs prix pour concurrencer la STM», puisque «le coût de l’essence augmente constamment».

Près de 300 taxis attendent à l’aéroport, et font actuellement de 10 à 14 voyages par jour.

Pratique pour les employés

La nouvelle ligne marque aussi la fin de l’Aérobus, un service de navette par autocar qui était exploité par la compagnie privée Groupe La Québécoise, et qui coûtait 16 $ pour un aller simple.

«La 747 est à la fois une ligne qui va desservir les touristes et les voyageurs, mais aussi les travailleurs parce que l’aéroport est un centre d’emplois très important», a expliqué jeudi Michel Labrecque, le président de la STM, en conférence de presse.

27 000 personnes travaillent chaque jour sur le site de l’aéroport Trudeau, dont 4500 à l’intérieur même de l’aérogare.

«Pour les employeurs qui ont de la difficulté à recruter du personnel, c’est une très bonne nouvelle», a observé James Cherry, le président-directeur général d’Aéroports de Montréal.

Service 24 heures sur 24

Huit autobus de la STM ont été aménagés spécialement pour le nouveau service de l’aéroport. On y retrouve seulement 28 places assises, parce que quelques sièges ont été enlevés pour faire place à des porte-bagages.

La STM prévoit que 1000 personnes par jour utiliseront son nouveau service, qui sera offert toutes les 20 minutes aux heures de pointe et toutes les 30 minutes hors pointe.

Jeudi, les autorités de la STM et de l’aéroport ont assuré que le nouveau service pourrait très bien cohabiter avec l’éventuelle ferroviaire entre le centre-ville et l’aéroport, dont le choix du tracé est sans cesse reporté.

«Même avec la navette, la ligne 747 peut très bien survivre, parce qu’elle sera plus pratique pour les gens qui partent de (la station de métro) Lionel-Groulx», assure Michel Labrecque.

La STM a mis deux ans à concevoir cette nouvelle ligne d’autobus, lui coûtera 3,3 M$ par année à exploiter.


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