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Éducation Enfants Terrorisés

Elle faisait peur aux enfants

Serge Labrosse
10/03/2010 05h18 

Une enseignante de Baie-Comeau, condamnée pour voies de fait sur de jeunes élèves, vient d'échouer dans sa tentative de réintégrer ses fonctions.

Les juges Sylviane Lalonde et Robert Lessard, du Tribunal administratif du Québec, ont rejeté le recours de Jacline Perron, qui contestait la révocation de son brevet d'enseignement par la ministre de l'Éducation.

Le tribunal est d'avis que «l'ensemble des attitudes de [l'enseignante] envers les enfants visait à instaurer un climat de peur par la voie de l'intimidation, pour arriver à les contrôler, [ce qui] représente un acte grave, dérogatoire et indigne de la profession d'enseignante».

Le tribunal reconnaît que le métier d'enseignante est «difficile», mais ajoute que «si une enseignante ne peut y arriver, elle doit demander de l'aide ou se retirer».

Dans le cas de Mme Perron, la cour estime trop élevé «le risque de récidive», pour lui permettre d'enseigner.

Cris et menaces

Jacline Per ron fait son entrée à l'école Boisvert, commission scolaire de l'Estuaire, en 2001. La directrice, dont le bureau est situé tout près de la classe de 3e, entend l'enseignante crier souvent. Elle reçoit des plaintes de parents, à qui les enfants rapportent que l'enseignante les menace, se livre au chantage affectif, les ridiculise, leur fait peur en prétendant «accrocher à des cordes, au plafond», les élèves dissipés.

L'institutrice est rencontrée, on lui fournit du soutien, mais rien ne change. Presque quotidiennement, elle met des enfants à la porte de sa classe ; certains pleurent, se sauvent.

Tape et bras serré

Trois fois, une intervenante est témoin de voies de fait : elle serre le bras d'un élève au point de lui faire mal, administre une tape derrière la tête d'une fillette, secoue un garçon et lui tourne brusquement la tête. Confrontée, l'enseignante nie et obtient, fin 2002, un congé de maladie de 10 mois.

En février 2004, un parent accuse l'enseignante d'avoir poussé son enfant par terre.

En mars, on lui reproche d'avoir pincé les joues d'une élève ; elle nie, prétend lui avoir plutôt donné «un bec à pincette».

La coupe est pleine, et l'enseignante jugée irrécupérable : elle est suspendue sans traitement et des plaintes de nature criminelle sont déposées contre elle.

Un procès s'ensuit et elle est condamnée à deux mois de prison avec sursis, fin 2005, pour menaces de mort à deux enfants de 7 et 8 ans, ainsi que voies de fait.

En appel, le 18 décembre 2007, Mme Perron est acquittée pour ce qui est des menaces, mais la condamnation pour voies de fait est maintenue. La cour lui accorde néanmoins l'absolution inconditionnelle.

gée de 60 ans, Jacline Perron vit aujourd'hui de l'aide sociale.





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