Le président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ), Stéphane Lemaire, somme le ministère de la Sécurité publique d’agir rapidement pour résoudre ces problèmes, principalement ceux qui ont trait à la surpopulation.
«Il y a plus de 1 000 détenus de trop en province. Avec les transfèrements, on a presque une prison complète qui roule sur la route. Il manque de places», a-t-il plaidé samedi, lors d’un entretien téléphonique.
Uniquement à la prison d’Orsainville, qui compte 614 lits, M. Lemaire affirme que 32 personnes n’avaient pas de cellule déterminée jeudi.
Ces «campeurs» ont dû dormir sur un matelas de fortune, aménagé à même le sol d’une cellule déjà occupée. Le phénomène ne semblerait pas rare.
Cellules temporaires inefficaces
En attendant l’ouverture de nouvelles places, le centre de détention de Québec a accepté d’accueillir temporairement un bloc modulaire (BMT), sorte de maison mobile installée sur le terrain de la prison, pouvant accueillir 96 individus.
Mais seuls les détenus présentant un dossier sans violence et n’étant pas liés aux gangs de rue peuvent y être placés. Conséquemment, il n’est «jamais plein», affirme M. Lemaire. «Peu de détenus répondent aux critères. La prison de Québec accueille plusieurs membres de gangs de rue», explique-t-il.
Manque de formation
Les agents ne seraient d’ailleurs pas suffisamment formés pour répondre à ce genre de clientèle, trop nombreuse et souvent violente. «C’est pire qu’avant. On fait face à des gangs de rue, à de l’intimidation, du harcèlement, des insultes de la part des détenus. Certains agents sont apeurés», maintient M. Lemaire.
Pour pallier ce manque, un cours de formation de huit semaines à l’École nationale de police du Québec, à Nicolet, est obligatoire depuis mars pour les nouveaux aspirants.
Jusqu’ici, deux années passées au cégep dans un domaine connexe et divers examens constituaient les préalables à l’embauche.
Si les nouveaux agents peuvent jouir de cette nouveauté, la formation des 2300 actuellement en service inquiète le président.
La réhabilitation, un échec
Le manque de formation et d’espace aurait d’ailleurs un impact direct sur les techniques de réhabilitation offertes depuis quelques mois à Orsainville. «On n’y croit pas vraiment. C’est voué à l’échec», avance-t-il.
Il cite en exemple le tout nouveau secteur aménagé pour venir en aide aux toxicomanes de la prison d’Orsainville. «On en a sorti six avec de la drogue», se désole-t-il.
Journal du Québec