OTTAWA – Devant la Fédération canadienne de l’agriculture, le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe a déclaré que les deux modèles agricoles du Canada, celui du Québec et celui développé dans les provinces de l’Ouest, ne sont pas compatibles.
Selon lui, «la vision québécoise de l’agriculture ne concorde pas avec celle du Canada. Pour le Québec, le poids total des désavantages dans le Canada est de loin supérieur à celui des avantages. C’est pourquoi le Québec doit dès maintenant prendre son destin en main afin de définir sa propre agriculture.»
Entre autres, a noté M. Duceppe, les fermes au Québec sont de taille plus modeste et sont donc mieux adaptées au «commerce de proximité» plutôt qu’à l’exportation comme c’est le cas pour une majorité de producteurs canadiens. D’où la nécessité, a-t-il ajouté, de miser sur le développement de mécanismes collectifs comme la gestion de l’offre.
Le Québec doit également miser sur le concept de «souveraineté alimentaire», a poursuivi M. Duceppe, en expliquant que la nation québécoise a le droit de décider seule de ses orientations agricoles et des moyens pour les réaliser. En ce sens, la gestion de l’offre est un outil essentiel pour développer l’agriculture au Québec.
La vision du gouvernement du Canada ne répondra jamais aux besoins du Québec, que ce soit dans les domaines de l’économie, de l’environnement, de la langue ou de la culture, a fait savoir M. Duceppe.
À ce chapitre, il a noté que le seul abattoir de bovins de réforme de l’Est canadien, l’entreprise Levinoff-Colbex de Saint-Cyrille-de-Wendover, n’avait reçu aucune subvention d’un fonds de 50 millions $ destiné pour aider les abattoirs à se conformer à de nouvelles règles fédérales. Cet abattoir devra fermer ses portes, a-t-il déploré.