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Négos dans la fonction publique

Non aux compressions, oui au déficit

Agence QMI  Michel Hébert
16/02/2010 22h14 
Négos dans la fonction publique - Non aux compressions, oui au déficit
Michel Arsenault, président de la FTQ. 
© Archives QMI

QUÉBEC - Les offres gouvernementales poussant leurs membres à «l’appauvrissement», les syndicats du secteur public proposent au gouvernement de prolonger le déficit budgétaire d’au moins deux ans.

Au lieu de revenir à l’équilibre budgétaire en 2013-2014, les syndicats du front commun proposent de repousser cette échéance à 2015-2016.

«Qu’ils fassent comme ailleurs dans le monde», a résumé le président de la FTQ, Michel Arsenault, de passage à Québec mardi.

Selon le budget du Québec de 2009-2010, le gouvernement espère effacer le déficit total de 11,3 milliards en 2013-2014 grâce à une limitation de la croissance des dépenses publiques de 7,4 milliards sur cinq ans. Les déficits cumulés alors, soit 11,3 milliards, doivent être poussés à la dette.

Or, selon les centrales syndicales, le gouvernement fait porter le fardeau des compressions aux employés du secteur public en limitant l’augmentation de la rémunération de 7 % sur cinq ans. Ils espèrent 11,25% sur trois ans.

«Il ne faut pas que le gouvernement serre la vis trop vite», a insisté M. Arsenault en rappelant les intentions des gouvernements étrangers.

Il a rappelé qu’à la récente rencontre économique de Lévis, les représentants du monde bancaire et du milieu des affaires, notamment le patron de Power Corporation, Paul Desmarais Junior, avaient abondé dans le même sens.

«Ce n’est pas une position idéologique, ces gens-là ne sont pas des lecteurs de l’Autre Journal», a observé le président de la FTQ, particulièrement inspiré.

Les centrales syndicales espèrent toujours la conclusion d’une entente avant le 31 mars prochain même si leurs demandes salariales de 3,8 milliards sont supérieures d’au moins 2,5 milliards aux offres gouvernementales.

«C’est n’est pas une plage sur une montagne», a illustré M. Arsenault.

La masse salariale atteint cette année 32,8 milliards et les syndicats la ferait passer à 36,6 milliards, soit une augmentation de 3,8 milliards.

Comparaisons avec le privé

Les syndicats continuent de prétendre que le secteur public est en retard sur le secteur privé. Ils admettent toutefois que l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) ne tient compte que des salaires hebdomadaires payés dans une infime minorité d’entreprises.

L’ISQ compare la rémunération des employés des entreprises de 200 employés et plus, soit environ 1 500 établissements. Il y a pourtant 220 000 entreprises au Québec, selon le Mouvement Desjardins. Il est connu que les employés des PME non syndiqués ont souvent des conditions de travail difficiles et des salaires moins élevés que ceux des autres catégories de salariés.

«Il n’y a pas d’employeur comparable à l’État», ont admis les porte-paroles syndicaux lors d’un briefing technique à l’intention des médias. L’État québécois compte 563 566 employés.

Le Journal de Québec



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