QUÉBEC | Faire passer le taux d'alcoolémie permis pour conduire un véhicule de 0,08 à 0,05 ne garantira pas une diminution du nombre de morts sur le réseau routier du Québec, soutiennent les représentants des chaînes de restaurants du Québec.
Hier, en commission parlementaire, le vice-président aux affaires gouvernementales du Conseil des chaînes de restaurants du Québec (CCRQ), Jean Lefebvre, n'y est pas allé de main morte avec la ministre des Transports, Julie Boulet, qui propose de suspendre pour 24 heures le permis de conduire d'un conducteur ayant entre 50 et 80 mg d'alcool dans le sang.
«L'argument de réduire le taux d'alcoolémie permis pour améliorer le bilan routier ne tient tout simplement pas la route», a-t-il martelé.
«Au Canada, a insisté M. Lefebvre, la palme du pire bilan routier appartient à la Saskatchewan, province pourtant moins populeuse que la nôtre et où le taux d'alcool permis dans le sang pour conduire un véhicule est de 0,04.»
Pourcentage minime
Aussi, a renchéri le vice-président du CCRQ, très peu d'accidents ayant l'alcool en cause se situent entre 0,05 et 0,08.
D'après les statistiques de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), précise M. Lefebvre, «de tous les accidents mortels où des traces d'alcool ont été découvertes en 2007, seulement 6 % mettaient en cause un conducteur ayant un taux d'alcool entre 50 mg et 80 mg, alors que pour la même période, 82% avaient un taux d'alcool supérieur à la norme en vigueur actuellement.»
Selon lui, le gouvernement fait fausse route en s'attaquant à la tranche de la société pourtant responsable et qui se limite à deux verres de vin lors d'un repas au restaurant.
Trop paternaliste
«Il y a un faible pourcentage de gens qui ne sont pas responsables. Ce sont eux qu'il faut davantage pénaliser, les récidivistes de l'alcool au volant», a pesté Jean Lefebvre, qui reproche au gouvernement d'être trop paternaliste dans ce dossier.
Ces arguments n'ont pas réussi à convaincre la ministre Boulet, qui croit toujours que les 40 personnes qui pourraient être sauvées par cette modification au Code de sécurité routière en valent la peine.
Il est intéressant de rappeler que le précédent gouvernement péquiste allait encore plus loin au chapitre de l'alcool au volant.
Ainsi, en 1999, le ministre des Transports de l'époque, Guy Chevrette, proposait dans un livre vert sur la sécurité routière une suspension de trois mois pour conduite avec une alcoolémie se situant entre 0,04 et 0,08.