QUÉBEC - La privatisation de la collecte des ordures ménagères prônée par la Ville de Québec inquiète les cols bleus de la vieille capitale. Un arbitre entendra aujourd’hui les points de vue respectifs des représentants syndicaux et de la Ville.
Chez les cols bleus, on craint une privatisation élargie des services de la Ville. «On présume que ce n'est qu'un début», évalue Jean Lachance, président du syndicat.
Ce dernier fait également valoir qu'on craint de se retrouver poings et pieds liés devant des intérêts privés, une fois que la Ville se sera départie de tout son équipement et sa machinerie.
La Ville de Québec estime au contraire qu'elle économisera un million par année pendant cinq ans en confiant la collecte au privé pour le territoire de l'ancienne ville de Québec (avant les fusions, arrondissements de la Cité-Limoilou et Des Rivières). Elle envisage de passer à l'action à partir du 1er avril.
À l'heure actuelle, ces services sont déjà effectués par le privé dans les autres arrondissements, tel qu'ils l'étaient avant les fusions. «La Ville veut respecter la convention signée il y a un an, a assuré Alain Marcoux, directeur général de la Ville. On veut maintenir globalement le nombre d'heures de travail effectuées par des employés manuels.»
M. Marcoux n'a pas précisé si des employés auxiliaires seraient éventuellement coupés, assurant que ceux qui seront touchés par la privatisation du service seraient réaffectés ailleurs. Il a confirmé que les 38 véhicules actuellement utilisés pour la collecte des ordures sur le territoire de l'ancienne ville seraient vendus.
Le directeur de la Ville a par ailleurs dressé une liste des équipements de la Ville démontrant qu'ils sont en augmentation de 48% depuis 2006. «On a là une indication, a-t-il lancé, comme quoi la Ville n'est pas en train de fermer la shop.»
Depuis un mois, le syndicat des cols bleus diffuse sur les ondes radio une publicité où on dénonce les intentions de la Ville, faisant même référence à des enveloppes brunes. Dans les prochains jours, près de 100 000 dépliants portant le titre «C'est écrit dans le ciel, ça va coûter plus cher!» seront également distribués chez les contribuables de Québec.
On donne dans ce dépliant l'exemple de la MRC de la Vallée-de-l'Or, en Abitibi, qui après cinq ans a conclu qu'il était préférable d'effectuer la collecte des déchets à l'interne.
(Le Journal de Québec)