Moins de taxes, moins de contrebande

Tabac - Moins de taxes, moins de contrebande

La baisse des taxes sur le tabac n’aurait eu aucune influence sur le niveau de tabagisme, selon une étude.© Agence QMI/Sébastien Saint-Jean


Jean-Philippe Arcand

MONTRÉAL - La baisse des taxes sur le tabac n’aurait eu aucune influence sur le niveau de tabagisme, selon une étude réalisée pour le compte de l’Association canadienne des dépanneurs en alimentation (ACDA), une conclusion que dénonce vertement la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac.

Cette étude contestée a été réalisée par le professeur agrégé aux HEC Montréal, Jean-François Ouellet.

Se basant sur des données recueillies par Statistique Canada entre 1994 et 1995 auprès de 12 000 Canadiens, elle prétend que la réduction de taxation sur les produits du tabac, appliquée en 1994, n’a aucunement fait augmenter le tabagisme, tous groupes d’âge confondus.

Selon le professeur, elle aurait même plutôt contribué à réduire la contrebande de cigarettes.

«Il est grand temps de mettre fin aux mythes de taxes excessives et de revenir enfin au bon sens dans le but d’éliminer une fois pour toutes, et en un rien de temps, le fléau de la contrebande que nous endurons inutilement», affirme notamment le chercheur.

Abondant dans le même sens, le vice-président exécutif de l’ACDA, Michel Gadbois, a indiqué par voie de communiqué qu’en plus de réduire la contrebande, la diminution des taxes permet de «redonner le contrôle du marché aux gouvernements et de limiter l’accès du tabac aux jeunes.»

«Truffé d’erreurs»

En entrevue à 24H, Flory Doucas, porte-parole de la Coalition, n’a pas hésité à torpiller les résultats de l’enquête, les qualifiant de «simplistes» et «truffés d’erreurs».

«Selon les experts du Groupe d’Analyse, l’étude aurait peu ou pas de valeur scientifique. Ils accusent d’ailleurs l’auteur d’introduire des manipulations arbitraires qui distordent les données», martèle la porte-parole de la Coalition.

Cette dernière poursuit en rappelant le propos des experts qui soulevaient le fait que « l’auteur tire des conclusions qui ne sont pas justifiées par ses analyses ».

Mme Doucas accuse même l’ACDA de porter un jugement partial en faveur des producteurs de tabac, qui seraient très proches de l’Association.

«L’ACDA a des liens étroits avec l’industrie du tabac. Ce n’est pas la première fois qu’elle essaie de passer des études avec des résultats biaisés», déplore-t-elle.

En un an seulement, 40 000 nouveaux fumeurs ont été recensés à la suite de la diminution des taxes sur le tabac de 1994.


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