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Après le décrochage

L'école publique débordée

Sébastien Ménard
Le Journal de Montréal
28/01/2010 05h13 
Après le décrochage - L'école publique débordée
Les écoles de la CSDM comptent encore plus d’élèves en difficulté qu’il y a deux ans. Les classes du Québec, comme celle-ci, sur la Rive-Sud, comptent pourtant de moins en moins d’écoliers.  
© PHOTO D'ARCHIVES

En plus d'être aux prises avec un taux de décrochage alarmant, voilà que la Commission scolaire de Montréal (CSDM) doit composer avec une importante hausse du nombre d'élèves en difficulté dans ses écoles.

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  • À quoi attribuez-vous l’augmentation du nombre d’élèves en difficulté?
  • Des données obtenues par le Journal révèlent que le nombre d'élèves handicapés ou en difficultés d'adaptation ou d'apprentissage (EHDAA) a fait un bond de 11 %, en deux ans, dans les établissements de la CSDM. Il est passé de 12 404, en 2007-2008, à 13 762 cette année.

    Pauvreté et meilleurs diagnostics

    Depuis 2007, la plus importante commission scolaire de la province a pourtant perdu plus de mille élèves. Malgré cela, le nombre de jeunes en difficulté n'a cessé de croître.

    La présidente de la CSDM, Diane de Courcy, reconnaît que cette situation représente «un défi» additionnel pour son organisation.

    «Le défi est de donner de bons services à ces enfants-là avec le cadre budgétaire qu'on a», a-t-elle expliqué en entrevue au Journal de Montréal.

    Diane de Courcy attribue cette hausse à plusieurs facteurs, dont la pauvreté.

    «Ce que nous pouvons constater, c'est que les conditions socioéconomiques ont des effets chez les enfants des milieux plus vulnérables, dit-elle. On voit notamment des enfants qui présentent plus de difficulté au niveau du langage, lors de la rentrée à l'école.»

    La présidente de la CSDM souligne aussi que les experts identifient mieux qu'avant les jeunes éprouvant des difficultés.

    «Avec le raffinement des diagnostics et le raffinement des services qui sont donnés dans le réseau de la santé, on est capable d'identifier plus précisément les troubles que les enfants ont», dit-elle.

    Mme de Courcy rappelle que les troubles envahissants du développement, par exemple, étaient pratiquement absents du vocabulaire scolaire il y a quelques années. Aujourd'hui, ils sont connus et diagnostiqués.

    «Au fur et à mesure que se raffinent ces diagnostics-là, c'est un défi pour nous d'avoir les personnes capables de donner les bons services aux élèves», dit-elle.

    Besoins immenses

    Pour faire face à la situation, la présidente de la CSDM réclame une nouvelle diminution du ratio maîtres-élèves, et ce, à tous les niveaux scolaires.

    Elle assure que «toutes les sommes qui sont données par Québec pour les enfants en difficulté sont toutes consacrées aux enfants en difficulté.»

    «Mais les besoins sont immenses, insiste-t-elle. Actuellement, on essaie de faire mieux avec ce qu'on a.»

    Mme de Courcy fait valoir qu'il s'agit d'ailleurs de l'objectif du fameux «Plan Réussir» qu'elle a présenté l'automne dernier. «Aux yeux de l'école publique, les enfants sont tous égaux. Il faut qu'on donne des services à chacun d'eux», dit-elle.

    Avec la collaboration de Serge Laplante, notre recherchiste à l'Assemblée nationale.





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