Encore plus inquiétant, avec une moyenne d'attente de 17,5 heures en 2009, on se rapproche dangereusement du sommet de 18,6 heures en 1991-1992.
Le nombre de patients qui passent plus de deux jours complets sur une civière a lui aussi explosé en 2009, passant de 40534 à 49374.
Pourtant, plusieurs politiciens ont promis de ramener l'attente à 12 heures et réduire à zéro le nombre de 48 heures. Or, dans la réalité, c'est l'inverse qu'on observe.
La pression se fait de plus en plus forte notamment à cause du nombre d'ambulances qui a augmenté de 4,8 % en un an seulement. «On se retrouve cette année avec plus de visites dans les urgences que par le passé», reconnaît la porte-parole du ministère, Dominique Breton.
La faute de la grippe A
Pour expliquer cette hausse de l'attente, on pointe du doigt la pandémie de grippe A (H1N1). «Le nombre de 48 heures a augmenté, tout ça reflète qu'avec la pandémie on a eu une hausse importante de l'achalandage. Plusieurs lits de courte durée ont été occupés par des patients avec un syndrome d'allure grippale», explique la porte-parole.
La grippe n'explique toutefois pas tout. Le surplus de patients sur civière plus de 48 heures a été de 4793 durant la pandémie. Pour toute l'année, la hausse est plutôt de 8840.
Cela s'expliquerait en partie par le vieillissement de la population. On a ainsi augmenté de 2 % le nombre de patients de plus de 75 ans. Parmi ce groupe, 73 % ont 85 ans et plus.
Des raisons de se réjouir ?
Malgré tout, le ministère trouve certaines raisons de se réjouir. «Ces résultats somme toute intéressants dans les urgences, on les doit à la mise en place de cliniques de grippe et le guide auto-soins qui ont permis d'éviter le surachalandage.»
L'autre raison de se féliciter du ministère est le fait qu'on a évité la rupture de services qui forçait à dépêcher des médecins dépanneurs dans les urgences pour combler les quarts de garde.
Pour le reste, les patients devront continuer de prendre leur mal en patience.
Dans un grand nombre d'hôpitaux, surtout dans la région de Montréal, on a augmenté le nombre de civières permises à l'urgence. Dans certains cas, les locaux ont été agrandis ou on a tout simplement installé plus de lits dans les couloirs.