L'abolition des cégeps et commissions scolaires pour réduire les dépenses de l'État québécois en éducation n'est pas une bonne idée, disent les intervenants du secteur.
La Fédération des commissions scolaires du Québec et la Fédération des cégeps ont lancé des avertissements concernant l'idée de bouleverser le système. Ils réagissaient à la publication d'un sondage Léger Marketing effectué pour le compte de TVA et du Journal de Montréal, où les Québécois ont jugé les deux idées valables.
Selon Gaétan Boucher, président de la Fédération des cégeps, une étude a déjà prouvé qu'abolir les deux années de cégep n'était pas rentable. «L’économiste Pierre Fortin a fait une étude en 2005 pour examiner les impacts, dit-il. Loin de diminuer les coûts, ça comporterait 200 M$ de coûts additionnels.»
Pour sa part, Josée Bouchard, présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, estime que peu importe la forme que ses services prendront, ils existeront.
«Il y aurait un mouvement naturel de rassemblement d'établissements pour pouvoir se donner ces services-là, dit-elle. On recréerait les structures.»
Mme Bouchard se dit heureuse que Jean Charest, premier ministre du Québec, comprenne l'importance de faire de l'éducation un enjeu majeur.
«Les acteurs sociaux, politiques et économiques du Québec, dit-elle, misent largement sur l'éducation et le développement d'une culture entrepreneuriale pour assurer une meilleure productivité et une richesse collective pour propulser le Québec à l'avant-garde sur la scène internationale et c'est ce que nous souhaitions.»
À son avis, «le dépôt du prochain budget provincial sera d'ailleurs la première occasion de constater jusqu'à quel point le gouvernement est sérieux dans ce dossier.»