Les employeurs du Québec doivent absolument cesser d'embaucher des jeunes qui n'ont pas terminé leurs études. «C'est une façon d'encourager le décrochage», fait valoir la présidente de la Fédération des commissions scolaires (FCSQ), Josée Bouchard.
En entrevue au Journal, hier, Mme Bouchard a proposé la mise en place d'un nouveau «contrat social» pour lutter contre le décrochage. À l'heure actuelle, le tiers des garçons et le quart des filles quittent l'école sans aucune qualification, au Québec.
Selon Josée Bouchard, les employeurs doivent s'impliquer pour changer la situation en arrêtant d'embaucher des jeunes qui n'ont pas terminé leurs études.
Elle cible les boutiques et les restaurants, mais également les entreprises du secteur de l'administration, de l'informatique et même la fonction publique.
«C'est un appel à tous les employeurs, dit-elle. La lutte au décrochage, ce n'est pas juste l'affaire des gens de l'éducation. C'est aussi l'affaire du marché du travail.»
Moins d'heures de travail
Josée Bouchard croit que ce «contrat social» devrait inviter les employeurs à limiter les heures de travail des jeunes qui fréquentent l'école. Elle estime que les élèves ne devraient pas consacrer plus de 15 heures par semaine à un emploi. «Malheureusement, ce n'est pas ce qu'on constate sur le terrain», déplore-t-elle.
La présidente de la FCSQ ne croit pas qu'il soit nécessaire de légiférer pour que les employeurs comprennent le message.
«Je pense qu'avec une bonne prise de conscience et de la bonne volonté, on est capable d'arriver à quelque chose», dit Josée Bouchard.
Alors que le gouvernement Charest tient cette semaine un forum économique à Lévis, Mme Bouchard souhaite que le premier ministre «porte ce message.» «Si on veut prospérer, il faut que le premier ministre clame haut et fort que c'est par l'éducation que ça va passer», dit-elle.
Surconsommation
Les jeunes qui quittent l'école sans diplôme pour aller travailler le font aussi en raison «du phénomène social de la surconsommation», souligne Josée Bouchard.
«En général, nos jeunes ont été élevés dans l'abondance. L'attrait du matériel, il apparaît très tôt, dit-elle. Ce à quoi ils ne pensent pas, c'est qu'ils ne vont pas passer toute leur vie chez cet employeur-là.»
«Si on veut que le Québec s'en sorte, il va falloir absolument que les jeunes soient diplômés», martèle-t-elle.