Les Québécois sont prêts à aller aussi loin qu'introduire un ticket modérateur dans le système de santé, à payer des péages sur les autoroutes et les ponts et à augmenter significativement les tarifs des garderies à 7 $, par exemple.
Ils sont prêts à faire leur part, mais ils tiennent à ce que le gouvernement fasse lui aussi le ménage dans sa propre maison.
Ce ne sont là que quelques-unes des idées qui ont fait du chemin dans la tête des Québécois et qui ressortent comme des pistes de solution acceptables pour sortir le Québec du rouge, selon le sondage Léger marketing réalisé au début janvier pour le compte du Journal de Montréal et de TVA.
«Jamais n'a-t-on vu autant de consensus sur les enjeux importants au Québec, dont les finances publiques. Ça ouvre la voie au gouvernement pour prendre des décisions plus difficiles», estime Jean-Marc Léger, qui sonde l'opinion des Québécois depuis 25 ans.
Mais justement, le gouvernement veut-il prendre des décisions courageuses? Il n'y a pas de sondage, cependant, qui puis-se répondre à cette question.
Des idées qui font leur chemin
Léger Marketing a interrogé 1 059 personnes de tous les âges aux quatre coins de la province pour tester la popularité d'idées qui reviennent le plus souvent pour éliminer le déficit du Québec.
Parmi celles-ci, une bonne dizaine obtiennent l'approbation de la majorité des répondants. Elles sont donc sur la table, si le gouvernement veut s'en servir.
Il y en a parmi celles-ci qui étaient pourtant considérées comme des vaches sacrées il n'y a pas si longtemps.
Par exemple, les Québécois sont d'accord pour accentuer la présence du privé en santé, pour abolir les deux années de cégep et les remplacer par une année de secondaire additionnelle, comme partout ailleurs en Amérique du Nord.
Ils sont aussi prêts à abolir les commissions scolaires, à ne plus subventionner les écoles privées et à augmenter les impôts des entreprises.
Il souhaitent plus que tout voir les députés servir plus longtemps avant d'avoir droit à une pension à vie, mais cette idée ne permet pas suffisamment d'économies pour être considérée parmi les dix plus importantes solutions émergeant du sondage.
D'autres qui ne passent pas
En revanche, il y a encore des intouchables. Cette liste est encore plus longue que celle des points de consensus.
Par exemple, les Québécois ne veulent rien savoir de privatiser Hydro-Québec, de ne plus offrir des traitements médicaux majeurs à partir d'un certain âge, d'augmenter considérablement l'âge de la retraite ou d'augmenter les tarifs d'électricité.