Les cas de dépenses frivoles de plusieurs commissaires ou fonctionnaires, combinés à un taux de participation ridiculement bas lors des dernières élections scolaires, ont contribué au questionnement de la pertinence de cette structure.
D'autant plus que la performance de notre système d'éducation, aux prises avec un problème chronique de décrochage entre autres choses, ne rassure personne.
Bref, pour de plus en plus de monde, dont l'économiste Paul Daniel Muller, le Québec pourrait économiser une centaine de millions de dollars non pas en éliminant les commissions scolaires, mais en les réformant en profondeur.
Éliminer les commissaires
Comme tout le reste, réformer n'est pas simple dans la fonction publique où tout semble tricoté serré.
De plus, les commissions scolaires sont ardemment défendues par une fédération qui est elle-même un lobby subventionné par les commissions scolaires. D'ailleurs, il y a un mois, dans un mémoire de consultation prébudgétaire soumis au ministère des Finances, la première recommandation de cette fédération était que «le gouvernement assure une rémunération et des conditions de travail équitables pour les élus scolaires.»
Rappelons que seulement 170 595 Québécois avaient participé aux dernières élections scolaires de 2007 et que 67 % des 1305 commissaires avaient été élus par acclamation.
Plus de pouvoir localement
À elles seules, ces élections avaient coûté 15 M$. Toute cette structure de commissaires coûte quelque 33 M$ par année par la suite.
Selon l'économiste Muller, on pourrait carrément éliminer cette structure et la remplacer par une autonomie accrue des écoles et une plus grande implication des parents.
Ensuite, il faudrait regrouper les commissions scolaires, lesquelles sont beaucoup trop nombreuses selon lui. «Le Québec a 17 régions administratives, 48 cégeps et 69 commissions scolaires. Cherchez l'erreur !», écrit-il. En regroupant plusieurs d'entre elles, on sauverait 45 M$, selon lui.
Taxes scolaires
Il y a aussi des économies aussi à faire au niveau de la collection de la taxe scolaire, qui coûte 1 % à administrer.
Tout ça alors qu'elle ne sert qu'à recueillir 1,3 milliard de dollars sur les 9 milliards nécessaires pour le fonctionnement des commissions scolaires. Le reste sort des coffres du gouvernement, pourquoi pas le reste dans ce cas?
«La véritable utilité de la taxe scolaire est plutôt inavouable : elle permet à Québec de refiler à une autre instance une partie du fardeau fiscal», écrit l'économiste.