MONTRÉAL - La tempête médiatique concernant la fin des stationnements gratuits sur le Plateau Mont-Royal laisse vraisemblablement un goût amer dans la bouche du maire de l'arrondissement, Luc Ferrandez, qui déclare les médias coupables d'«hérésie» sur son blogue, selon ce qu'a pu constater 24H.
Accusant les médias de «fabriquer des nouvelles malodorantes dans un contexte de rareté des ressources et de compétition exacerbée», le maire affilié à Projet Montréal lance tour à tour des pierres à La Presse, Radio-Canada et au Journal de Montréal, leur reprochant d'avoir déclenché une crise sans fondement ces derniers jours.
Selon lui, les journalistes, qui «digèrent leurs carrés aux dattes sur les bords du reste du sapin […] et qui lancent très fort le signal qu'il serait temps qu'il se passe quelque chose», cherchent désespérément à montrer que «ça va être l'enfer» sur le Plateau avec l'élection «d'une gang de communistes écolos pas d'allure».
Aux dires de M. Ferrandez, les médias ont «mis toute la gomme avec des mots-clés choisis pour créer une fois de plus la panique» au sein de la population en ce qui à trait à «l'hérésie du stationnement», alors qu' «il n'y a pas de quoi fouetter un chat».
Le maire semble par ailleurs bénéficier du soutien de ses électeurs, nombreux à écrire sur le blogue de leur maire et qui n'hésitent pas à l'appuyer dans ses propos.
Une telle envolée n'est pas sans rappeler la sortie de la chef de l'opposition à la Ville, Louise Harel, qui avait rejeté les dérives de Vision Montréal durant la dernière campagne électorale sur le dos des médias, de façon beaucoup moins virulente cependant.
De la «politique autrement»
Usant à profusion de québécismes et n'hésitant pas à laver son linge sale sur son blogue, Luc Ferrandez, de par son franc-parler, fait vraisemblablement de la «politique autrement», selon Pierre Bouchard, stratège et tacticien en communication pour Indico.
«C'est une première de pouvoir lire en ligne les états d'âme et les réflexions d'un politicien. Ça nous change de tous ces autres politiciens que l'on ne croit plus, que l'on n'écoute plus ou si peu», explique le conférencier, tout en estimant que l'authenticité, la sincérité et la transparence dont fait preuve M. Ferrandez sont des traits recherchés par une très grande partie de la population chez les élus.
M. Bouchard avoue toutefois qu'être trop direct peut être dangereux. «Certains trouveront qu'il en dit trop et qu'il prend des risques», poursuit-il.
À Projet Montréal, la porte-parole Militza Jean affirme que M. Ferrandez est bien connu pour ses propos francs et directs et qu'il reçoit beaucoup de commentaires de la part des citoyens du Plateau Mont-Royal, sans toutefois s'étendre davantage sur le sujet.