Montréal capitale de l'aide sociale

Un titre peu reluisant - Montréal capitale de l'aide sociale

«La crise économique a certainement touché les plus vulnérables », estime Robin Couture, porte-parole de la Coalition pour un Québec sans pauvreté. © Agence QMI

Michel Hébert
Le Journal de Québec

Dernière mise à jour: 06-01-2010 | 14h50

La Mauricie et la Gaspésie revendiquaient jadis la plus forte proportion d'assistés sociaux, mais Montréal a remporté ce titre en 2009.

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Selon les plus récentes statistiques sur l'aide sociale, la portion de la population ayant besoin des programmes de dernier recours est plus élevée dans la métropole que partout ailleurs au Québec.

Plus d'une personne sur 10 vit de l'aide sociale sur l'île de Montréal, soit plus de 177 409 adultes et enfants, précise le dernier rapport statistique sur la clientèle des programmes d'assistance sociale du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale.

Le ministère estimait qu'à la fin de 2009, le Québec comptait 484 900 assistés sociaux, dont 334 900 adultes. Le tiers d'entre eux vivent sur l'île de Montréal.

Le taux d'assistance sociale par région est une donnée introduite en janvier 2009 et indique la proportion de la population qui bénéficie de l'un ou l'autre des programmes d'assistance sociale. C'est évidemment un indicateur de pauvreté.

Selon le MESSS, Montréal a un taux d'assistés sociaux de 11,1 %, soit deux fois plus élevé que celui de Québec, par exemple.

La ville de Gérald Tremblay surpasse la Gaspésie et la Mauricie, où les taux d'assistance sont respectivement de 10,1 % et de 10,3 %.

Sur l'île de Montréal, on a dénombré 177409 personnes inscrites aux pro-g rammes d'aide sociale, soit 127 559 adultes et 49 850 enfants. Mais la métropole compte un nombre beaucoup plus grand de personnes en situation de pauvreté. Selon le recensement de Statistique Canada de 2001, presque 30 % de la population vivait sous le seuil de la pauvreté. En septembre 2008, La Presse avançait que la métropole comptait 514 000 pauvres.

Crise économique

«La crise économique a certainement touché les plus vulnérables. Ceux qui occupaient des emplois de service notamment, et ils sont nombreux à Montréal», estime Robin Couture, porte-parole de la Coalition pour un Québec sans pauvreté.

Pas étonnant, dit-il encore, de voir que les jeunes et les immigrants soient les plus frappés par le repli de l'économie. Le nombre de jeunes de moins de 25 ans à l'aide sociale a grimpé de 4,5 %, à près de 25 000, en 2009, alors que l'augmentation a été plus forte encore chez les immigrants, avec un bond de 6 % du nombre d'assistés sociaux nés hors du Canada.

On en comptait un peu plus de 62 000 en 2008, et douze mois plus tard, 65 890 ont besoin de cette aide de dernier recours. La plupart sont établis à Montréal.

Évidemment, dans les régions où l'économie tourne à plein régime, les prestataires de l'aide sociale sont moins nombreux. Dans le Nord du Québec, où les projets miniers foisonnent, le taux d'assistance est de seulement 4,3 %, le plus bas du Québec. Dans Chaudière-Appalaches, où les PME sont nombreuses et florissantes, il est de 4,4 %. Laval et la Côte-Nord ont tenu bon malgré la crise économique, avec des taux d'assistance de 4,8 % et 5,0 %.

Québec tient le coup

La capitale nationale tient aussi le coup avec un taux d'assistance sociale de 5,3 %. Mais, selon Robin Couture, Québec ne fait que profiter de la lourde présence des fonctionnaires, toujours à l'abri des intempéries économiques.

«Les services n'ont pas été coupés, personne n'a perdu son emploi», fait savoir le porte-parole de la coalition.


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