Sous-ministre du ministère des Finances, l'ex-banquier Jean Houde, a discrètement quitté le gouvernement au terme d'un contrat de quatre ans, le 5 septembre dernier, à l'âge de 64 ans.
Il gagnait 247 756 $, selon des documents obtenus par Le Journal de Montréal en vertu de la Loi d'accès à l'information.
Cela faisait non seulement de lui le fonctionnaire le mieux payé de l'État, mais aussi la personne la mieux payée dans tout l'appareil gouvernemental, incluant le premier ministre Charest.
Plus cher que Jean Charest
Ses patrons successifs, Monique Jérôme-Forget et Raymond Bachand, ne touchaient que 149 429 $.
Quant à Jean Charest, il ne gagne «que» 175 045 $, excluant les 75 000 $ que lui verse le PLQ depuis 1998.
Jean Houde gagnait plus que le premier fonctionnaire de l'État, le secrétaire général du gouvernement Gérard Bibeau, dont on a discrètement augmenté la pitance de 16,5 % en juin dernier, faisant passer son salaire de 201 773 $ à 235 008 $.
Conformément aux dispositions de son contrat d'embauche, Jean Houde a eu droit à une «allocation de transition» de 247 756 $, correspondant à un an de son salaire de base, lors de son départ en douce.
Le Québec dans le rouge
Recruté à la Banque Nationale par le gouvernement libéral, M. Houde a été président du conseil d'administration et PDG d'Investissement Québec.
Si ses émoluments peuvent paraître élevés pour un contribuable québécois qui gagne en moyenne 39 062 $, le Québec aurait peut-être eu besoin de ses compétences au cours des prochains mois ( voir autre texte).
Selon le Front commun syndical, le salaire moyen des fonctionnaires provinciaux est de 36 000 $.
LE QUÉBEC DANS LE ROUGE
Rappelons que la semaine dernière, les quatre économistes à qui le ministre des Finances du Québec a demandé de l'aide afin de remettre de l'ordre dans les finances publiques ont dressé un constat alarmant de l'état des finances publiques de la province. Selon Robert Gagné, Luc Godbout, Claude Montmarquette et Pierre Fortin, le Québec a tout un défi sur les bras :
Pour chaque dollar gagné, les Québécois paient 39 cents en impôt, comparativement à 32 cents pour les autres Canadiens.
Le Québec offre aux citoyens un panier de services publics 26 % plus élevé qu'en Ontario, ce qui correspond à plus de 17,5 milliards $.
Le Québec est la province la plus endettée, si on se base sur la dette brute qui représente 50 % du PIB du Québec, comparativement à 30 % en Ontario et à un peu plus de 24 % dans le reste du pays.
Dès 2013, la population active commencera à diminuer, ce qui signifie que les rentrées fiscales diminueront.
Si on continue de cette manière, il faudra s'endetter davantage, alors que 58 % des revenus de la TVQ vont aux intérêts sur la dette et que les taux d'intérêt risquent d'augmenter, comme l'a laissé entendre la Banque du Canada cette semaine.