Le chef adéquiste
Gérard Deltell juge intéressant le
cadre proposé par le gouvernement
Charest aux salariés de l’État et
considère que les demandes
syndicales «n’ont pas d’allure,
ne sont pas réalistes et pas
responsables».
Pour M. Deltell, les demandes du Front
commun syndical démontrent «qu’ils ne vivent
pas sur la même planète. Quand on voit
que Mme Carbonneau (présidente de la CSN)
suggère une augmentation d’un milliard de
dollars des impôts, ça n’a pas de bon sens,
c’est révoltant d’entendre ça et c’est choquant,
a-t-il lancé au cours d’une entrevue.
On peut comprendre qu’il y ait un jeu de négociation,
mais quand on dit qu’on va augmenter
les impôts, on est dans le champ.»
Aux yeux du chef adéquiste, «le gouvernement
Charest a fait preuve d’irresponsabilité
en accordant à d’autres, comme les
professeurs de l’UQAM, des augmentations
de 11 % sur trois ans comme ils le
réclamaient. «Si on avait eu le courage de
leur dire non, les syndicats ne se sentiraient
pas légitimés de faire de telles demandes».
Le Front commun syndical a déposé, le
mois dernier, des demandes de 11,25% sur
trois ans (3,2 milliards $). Les offres du
gouvernement se chiffrent à 7 % sur trois
ans (2,3 milliards $).
Dépenses du gouvernement
L’heure est à revoir les dépenses du gouvernement,
considère M. Deltell. «Il faut
soulever chacune des pierres et ne pas avoir
peur de se questionner sur chaque programme,
car c’est lourd», dit-il.
Il ajoute que ça, le gouvernement devait
le faire avec la réingénierie. «Qui devait le
faire? C’est Mme Jérôme-Forget, qui est partie
au printemps», rappelle-t-il.
M. Deltell s’inquiète que la «dette d’épicerie» augmente au Québec (de 85 à 100 millions
$), alors qu’elle diminue en Ontario.
«Il faut avoir le courage de se regarder dans
le miroir et se dire: Est-ce qu’on a les
moyens de vivre au-dessus de nos
moyens?»
«Ce n’est pas en se mettant la tête dans le
sable qu’on va faire avancer les choses.»