Québec deviendra vendredi la première province canadienne à se doter d’une politique nationale de lutte contre l’homophobie.
La ministre québécoise de la Justice, Kathleen Weil, dévoilera en effet vendredi matin à Montréal la mise en place d’une série de mesures visant à faire du Québec un leader en matière de droits des homosexuels.
Promise en mai dernier à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie, cette politique «affirmera la volonté du Québec de lutter contre la discrimination sous toutes ses formes», a mentionné l’attaché de presse de la ministre Weil, Philippe Archambault lorsque contacté par 24H.
Refusant de dévoiler le contenu exact de cette nouvelle politique, M. Archambault révèle que «l’annonce de vendredi fera du Québec la première province canadienne à se doter d’une politique contre l’homophobie».
Enfin
Pour Laurent McCutcheon, le président de Gai Écoute et de la Fondation Émergence, il était temps que Québec agisse en ce sens. Il souhaite maintenant que la future politique nationale puisse se traduire en un fonds public de lutte contre l’homophobie.
«Ça fait longtemps qu’on insiste sur l’urgence de l’adoption d’une politique et d’un plan national. Car même si le Québec a progressé depuis 30 ans en matière de droits des personnes homosexuelles, la discrimination et les préjugés demeurent très présents dans la société», a-t-il affirmé.
Selon M. McCutcheon, l’homophobie est un phénomène insidieux qui a su se frayer des chemins discrets et invisibles.
«Notre société n’est pas plus ouverte. Ce qui a changé, c’est que la discrimination se fait beaucoup plus subtilement, par exemple par des agissements, mais c’est toujours aussi difficile pour les personnes qui en sont victimes.»
On évalue à 10% la population gaie et lesbienne du Québec et de 4 à 7 fois plus élevé le suicide chez ces personnes que chez leurs confrères hétérosexuels.