Libérations syndicales à la tonne

Santé - Libérations syndicales à la tonne

Les syndiqués des plus grands centres de santé de la province ont accumulé un nombre impressionnant de libérations syndicales. Certains syndicats en demandent encore plus. © PHOTO D'ARCHIVES

Éric Yvan Lemay
Le Journal de Montréal

Au moment où il manque d'infirmières et de personnel un peu partout dans le réseau de la santé, des centaines de milliers d'heures en libération syndicale ont été accordées l'an dernier.

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Dans dix des onze plus gros centres de santé du Québec, c'est pas moins de 250 000 heures qui ont été prises en libération pour 2008-2009. Que ce soit pour des griefs, les rencontres de négociation ou des participations à des comités, les employés du réseau se prévalent régulièrement de ces journées.

Au CHUM, c'est pas moins de 6 377 jours qui ont été utilisés à cette fin, presque deux fois plus qu'à Maisonneuve-Rosemont. Si on calcule qu'un employé travaille en moyenne un peu plus de 200 jours par année, c'est l'équivalent de 32 employés à temps plein pour un an.

À Québec, le CHUQ suit de très près avec 6 217 jours de libérations syndicales. Si on calcule l'équivalent en heures, on arrive à un total impressionnant d'environ 43 000 heures.

Des écarts importants

Parmi les plus gros établissements du Québec, c'est à l'Hôpital Charles-Lemoyne qu'on compte le moins d'heures de libérations avec 6 571 heures, soit l'équivalent d'un peu plus de 938 jours. Au cours des dernières années, l'établissement a déjà compté le double de libérations avec plus de 15 000 heures en 2005- 2006.

Ce que l'on constate, c'est que les centres de santé comptant plusieurs sites comme Richelieu- Yamaska ou le Centre de santé de Laval ont proportionnellement plus de libérations que ceux regroupés sur un site comme Charles-Lemoyne.

Les établissements paient une bonne partie de ces milliers d'heures en vertu des conventions collectives en vigueur, mais exigent également des remboursements aux syndicats

Ainsi, en 2008-2009, les syndicats du Centre de santé de Laval ont dû rembourser plus de 20 000 heures de libération à l'employeur. Pour l'année en cours, le total des libérations remboursables atteint déjà 8 000 heures.

À Chicoutimi, le nombre d'heures de libérations syndicales remboursables est passé de 14 731 en 2005-2006 à 7 901 en 2008-2009. Les libérations assumées par l'employeur ont aussi diminué pour passer de 14 103 à 11 181 heures en quatre ans.

QUE CACHE MCGILL ?

Le Centre universitaire de santé McGill est le seul des grands hôpitaux du Québec à avoir refusé de répondre à la demande d'accès à l'information faite par le Journal. Il n'y a pas que les libérations syndicales qu'elle refuse de fournir, mais d'autres demandes pour lesquelles on n'a même pas fourni d'accusé de réception comme prévu par la Loi. Une situation inquiétante alors qu'on s'apprête à donner 2 milliards $ de fonds publics à la vénérable institution pour construire un nouvel hôpital. Qu'en sera-t-il lorsqu'on voudra avoir accès à des documents sur ce projet ? Espérons que les dirigeants du CUSM et le ministère de la Santé sauront faire le nécessaire. Nous attendons toujours les documents.

NOMBRE DE LIBÉRATIONS SYNDICALES PAR CENTRE DE SANTÉ EN 2008-2009:

En heures
Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke 14 066
Hôpital Charles-Lemoyne 6571
Centre de santé de Laval 15 675
Centre hospitalier régional de Trois-Rivières 17 604
Centre de santé de Chicoutimi 19 082

En jours*
Centre hospitalier de l’Outaouais 3487
Hôpital Maisonneuve-Rosemont 3935
Centre hospitalier universitaire de Québec 6217
Centre de santé Richelieu-Yamaska 2975
Centre hospitalier de l’Université de Montréal** 6377

* Certains centres hospitaliers nous ont fourni les libérations syndicales en jours. Une journée équivaut à sept heures sur une base de 35 heures par semaine dans la majorité des cas ** Année 2008 uniquement


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