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Projets miniers

Sept-Îles aujourd'hui, Montréal demain?

Alain Rochefort
Agence QMI
06/12/2009 07h38 

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Ce sont tous les Québécois qui devraient se sentir interpellés par les projets miniers uranifères, estiment les porte-paroles de la population nord-côtière en défaveur de l'exploitation d'une mine d'uranium à proximité du lac Kachiwiss, à 13 kilomètres au nord de Sept-Îles.

Regorgeant de réserves d'uranium, le Québec est à l'heure du choix de devenir ou non un exportateur majeur de cette ressource vers d'importants marchés dépendants de l'énergie nucléaire, tels la Chine ou l'Inde, jugent-ils.

Selon Marc Fafard, membre de l'organisation Sept-Îles sans uranium, le gouvernement québécois dévoile bien mal ses intentions en n'imposant pas de moratoire sur l'exploitation d'uranium, pendant que des projets d'exploration poussent comme des champignons sur son territoire.

Sept-Îles, Port- Cartier, Rivière Pentecôte, Baie-Johan-Beetz sur la Côte-Nord, mais aussi à proximité d'autres municipalités comme Mont-Laurier, dans les Laurentides, située à peine à 1h30 de voiture de Montréal, la vallée de l'Outaouais ou les monts Otish, à 250 kilomètres de Chibougamau.

«Il y en a partout des projets. Il y en a 87. L'argent n'a pas d'odeur, ni de maladie, déplore M. Fafard. C'est devenu une question nationale. La vraie question est veut-on devenir producteur d'uranium?

«Veut-on sortir ça de la terre pour envoyer 5% à l'extérieur et en garder 95% ici? Nous sommes dans une démocratie et la population a le droit d'être informée et de décider», argumente l'ingénieur spécialisé en environnement.

Pas à l'abri

Personne n'est à l'abri au Québec si ces projets se concrétisent, croit M. Fafard. «Le problème est que les gens ne savent même pas c'est quoi l'uranium et on veut se lancer dans quelque chose qu'on ne connaît même pas et qu'on n'est même pas capable de manipuler.

«On va commencer par contaminer la Côte-Nord. Ensuite, il y aura d'autres projets au nord des grands centres, là où l'eau s'écoule vers le fleuve Saint-Laurent et là où les vents soufflent vers le sud. Sans oublier qu'on va contaminer l'eau potable du nord du Québec, ce qui concerne aussi des villes comme Québec, Montréal, Saguenay.

«On va même dépasser notre frontière parce que ça va contaminer le golfe du Saint-Laurent et les provinces qui lui touchent, comme la Nouvelle-Écosse qui a elle-même imposé un moratoire sur l'uranium».

Cancer du poumon

Des propos que corrobore le pneumologue, Bruno Imbeault, convaincu que l'exploitation de l'uranium augmente considérablement les risques de cancer de poumon chez la population exposée au radon et autres produits désintégrés.

«Ça voyage par l'air et à la surface des cours d'eau sans qu'on s'en rende compte. Ces produits peuvent parcourir des milliers de kilomètres en plus de contaminer la nappe phréatique», soutient celui qui lit abondamment sur le sujet depuis plusieurs mois.

Le Dr Imbeault s'inquiète de l'avenir de ses enfants et leurs descendants si le Québec devient producteur d'uranium, à l'image de la Saskatchewan. Il existe une corrélation entre le nombre de sites d'exploitation d'uranium et la santé publique, selon lui.

«Si une seule voiture fonctionne, ce n'est pas si pire, mais quand il y en a des millions, ça cause des gaz à effet de serre et un réchauffement climatique. C'est la même chose pour l'uranium», image-t-il.

Il est par ailleurs bien difficile de trouver des résidents de Sept-Îles contredisant les propos de MM. Fafard et Imbeault. Leurs quelques détracteurs ont préféré garder l'anonymat, soulignant qu'une mine d'uranium favoriserait le développement économique de la région, ne serait pas néfaste pour la santé publique et que les déchets résultant de son exploitation serait facile à gérer.

De son côté, la compagnie Terra Ventures, qui explore le site du lac Kachiwiss, n'a pas retourné les appels logés par le Journal et n'accorde pas d'entrevue aux médias locaux.





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