La ministre des Transports ne pourra pas sévir autant qu'elle le voudrait face aux jeunes de 16 à 18 ans qui font du car surfing ou des courses de rues, en raison d'une disposition méconnue de la loi.
La ministre Julie Boulet annonçait ces derniers jours qu'elle voulait serrer la vis aux jeunes de 16 à 24 ans, qui sont compris dans le groupe d'âge qui a le pire comportement sur la route.
Elle a déposé un projet de loi, jeudi, fixant entre 1 000 $ et 1 500 $ l'amende à être imposée aux jeunes délinquants, en plus d'une imposition de six points d'inaptitude, pour les cas de car surfing et de courses de rue.
Or, comme le mentionnait notre chroniqueur Robert Poëti, plus tôt cette semaine, une disposition du code de procédure pénale interdit de remettre des amendes de plus de 100 $ à des jeunes de moins de 18 ans, au Québec.
Effet dissuasif mitigé
Or, rien dans le nouveau projet de loi 71 n'a été fait pour modifier cette disposition.
L'effet dissuasif souhaité sera donc mitigé chez les jeunes de 16 à 18 ans.
L'annonce en grande pompe de la ministre, lundi, sera-t-elle une espèce de coup d'épée dans l'eau pour la portion des jeunes de 16 à 18 ans ?
Pas tout à fait, selon l'attachée de presse de la ministre Boulet, Jolyanne Pronovost, puisque les jeunes fautifs se feront tout de même remettre six points d'inaptitude s'ils commettent une infraction de car surfing et de course dans les rues. Une sanction tout de même relativement sévère, croit-on, puisque les jeunes ne disposent que de quatre points d'inaptitude associés à leur permis.
«Les jeunes conducteurs vont perdre leur permis de conduire, dit Mme Pronovost. C'est une peine qui fait mal.»
Invincibles
«Ils se sentent invincibles, nos jeunes, mais il faut leur montrer et leur enseigner qu'il y a des dangers réels et très concrets à se comporter de façon irrespectueuse ou à ne pas suivre les règles du Code de la sécurité routière», disait la ministre en conférence de presse, ciblant particulièrement les jeunes de 16 à 24 ans.
«Il faut continuer à marteler le message, à sensibiliser les jeunes», ajoutait-elle.