Qu'est-ce que Québec cache?

Sondage - Corruption - Qu'est-ce que Québec cache?

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Karine Gagnon
Le Journal de Québec

Près des trois quarts des Québécois croient que le gouvernement Charest refuse d'ordonner une commission d'enquête sur la corruption dans la construction parce qu'il craint que des personnes proches du gouvernement soient mises en cause, selon un sondage Léger Marketing réalisé pourLe Journal de Québec.

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Avec 69 %, il s'agit d'une perception très claire et très affirmée, évalue Mathieu Gagné, directeur des affaires publiques et médias chez Léger Marketing.

Ils sont 20 % à croire que le gouver nement Charest refuse une commission parce qu'il estime que les moyens déjà mis en place sont suffisants, alors que 11 % ont refusé de répondre ou ne savent pas.

«C'est un peu le même phénomène que dans l'affaire Tiger Woods, ajoute M. Gagné. On ne sait pas véritablement ce qu'il en est, mais tout le monde semble s'accorder un peu sur la même solution, tant les journalistes que chroniqueurs et médias. Donc le gouvernement est un peu en décalage par rapport au désir du peuple sur cette question et indépendamment de ce qui est vrai ou pas, c'est louche et c'est comme s'il y avait quelqu'un à protéger.»

Idée cristallisée

Concernant le souhait que soit déclenchée une commission d'enquête, 74 % des Québécois répondent oui et 16 % non.

Il s'agit d'un résultat semblable à celui d'un sondage réalisé le 21 octobre pour le compte de TVA, dans lequel 76 % des personnes interrogées avaient également répondu par l'affirmative.

«Même si on commence à être un peu loin de la campagne municipale et de tout ce qui a été révélé à ce moment-là, c'est un peu comme si l'idée s'était cristallisée lorsque les histoires sont arrivées, à l'effet qu'il y avait un système et qu'une commission d'enquête apparaissait comme le seul moyen d'y faire toute la lumière», analyse M. Gagné.

Quant aux mesures mises sur pied par le gouvernement Charest pour répondre aux allégations de corruption dans le monde de la construction (Opération Marteau, escouade d'enquête policière et resserrements dans les lois et processus d'attribution des contrats), 67 % les jugent insuffisantes. À peine 13 % les jugent suffisantes et 20 % ne savent pas.

L'étude a été réalisée auprès de 1 005 personnes représentatives, réparties dans toutes les régions du Québec, par Inter net, du 30 novembre au 3 décembre.

Les données ont été pondérées en fonction de critères tels âge, sexe, langue maternelle, degré de scolarité, composition du foyer et région. La marge d'erreur est de plus ou moins 3 %, 19 fois sur 20.


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