La CSN-Construction réclame à son tour la tenue d’une enquête publique afin de tirer au clair les allégations de malversation dans l’industrie de la construction.
Joignant sa voix à plusieurs organisations dont l’Association des policiers provinciaux du Québec (APPQ) et les procureurs de la Couronne, la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, a réclamé plus de transparence, hier, devant la commission parlementaire sur le projet de loi 73.
Elle presse le gouvernement d’agir dans ce dossier parce que la population n’a plus confiance au système actuel, pense-t-elle.
«On doit rendre publique la manière dont sont donnés les contrats dans le domaine de la construction. Le gouvernement doit écouter le concert de voix réclamant une enquête publique.»
<Des limites
Si Mme Carbonneau croit que l’adoption du projet de loi 73 en ferait réfléchir plus d’un avant d’agir, elle n’est toutefois pas convaincue qu’une législation règlerait tous les maux qui affligent cette industrie depuis des décennies.
Elle pense qu’il faut se pencher en profondeur sur tous les secteurs relatifs à la construction, dans le but de trouver le bon remède permettant de guérir l’industrie de cette maladie jusqu’ici incurable: firmes d’ingénieurs et d’avocats, d’informatique, de communication ou d’environnement, par exemple.
«Il n’est pas question ici d’une joute politique, mais bien d’une question d’intérêt public, indique-t-elle dans un communiqué. Il est inadmissible que, dans une société libre et démocratique, des individus et des entreprises conspirent ensemble pour tirer avantage du bien commun. Il y a urgence d’effacer l’ardoise et de redonner à toute cette industrie ses lettres de noblesse.»
Nouvelles mesures de Transports Québec
Également souillés par des allégations de collusion, Transports Québec a par ailleurs adopté une série de nouvelles mesures visant à assurer plus de transparence dans l’octroi de ses contrats à des entrepreneurs, a indiqué la ministre des Transports, Julie Boulet, hier matin, à l’Assemblée nationale.
Entre autres, un vérificateur interne aura pour mandat de veiller à ce que toutes les règles soient respectées avant la signature de tout contrat. De plus, les contrats attribués seront désormais tous affichés sur Internet.
(Le Journal de Québec)