En déficit et endetté, le Québec entreprend
un dur combat pour rétablir son équilibre financier
d’ici 2012. Hausse de la TVQ et des
impôts, augmentation des tarifs dont ceux
d’Hydro-Québec, frais de scolarité et droits
d’immatriculation, le gouvernement ira chercher
les 5,1 milliards de dollars manquant directement
dans vos poches. Les Québécois
devront inévitablement ouvrir plus grand leur
portefeuille pour effacer les emprunts du
gouvernement. C’est un dur lendemain de
veille qui s’annonce. Le Journal de Québec
en propose aujourd’hui un avant-goût.
Le Québec s'engage dans le défi de récupérer 5,1 milliards dans les finances publiques d'ici 2012 afin de renflouer les coffres de l'État. Personne ne veut subir de compressions, chacun renvoie la balle à son voisin, mais la plupart des organisations ont déjà leur opinion sur la question.
En plus d'avoir accumulé des déficits par le passé, le gouvernement a choisi d'injecter massivement dans les programmes d'aide et les infrastructures pour contrer la récession (au moins 15,5 milliards en 2009 et 2010), mais il a dû emprunter cet argent pour sauver les emplois.
Le manque à gagner total d'ici 2012 est de 11,4 milliards. Québec a déjà prévu percevoir 6,3 milliards dans son plan de retour à l'équilibre financier, mais avec ses nouvelles prévisions économiques, on estime qu'il manque encore 5,1 milliards, et ça, il ignore encore la façon dont il pourra le trouver.
La dette passera de 151 milliards à 172 milliards de dollars et les déficits accumulés seront de 13,2 milliards d'ici les cinq prochaines années, prévoit le le ministre des Finances, Raymond Bachand.
C'est le prix à payer pour avoir permis au Québec de traverser la récession plus facilement que les autres provinces.
Le gouvernement de Jean Charest s'engage à limiter la croissance de ses dépenses à 3,2 %, ce qui n'est déjà pas une mince affaire.
Uniquement par cette mesure, les Québécois en subiront les conséquences car ramener la croissance des dépenses à ce niveau signifie réduire de 30 % l'augmentation des budgets de tous les ministères, dont ceux destinés à la santé et à l'éducation.
L'an dernier, le gouvernement a augmenté de 6,8 % ses dépenses et, depuis cinq ans, la hausse moyenne a été de 4,6 %.
Salaires
Il est assuré que la masse salariale des 500 000 employés du gouvernement sera au coeur de l'effort budgétaire à accomplir pour le Québec.
Les salaires de l'État québécois constituent 55 % de toutes les dépenses gouvernementales.
Taxes
Le gouvernement Charest rehaussera la TVQ d'un point à 8,5 % en 2011, mais le ministre des Finances envisage sérieusement l'application d'un point supplémentaire et l'établir à 9,5 %, ce qui pourrait lui rap-porter 2,5 milliards de dollars par année.
Il y a également les tarifs d'électricité qui seront à débattre encore une fois. Les frais de scolarité, les cotisations à la CSST pour les employeurs, les droits d'immatriculation et prestations de retraite... tout pourrait y passer.