L'école des Cheminots, qui accueille 212 élèves de la 1re à la 3e secondaire à Delson, pourrait être de nouveau transformée en établissement primaire, cette fois «à vocation particulière», dès septembre 2010.
La Commission scolaire des Grandes-Seigneuries (CSDGS) scellera le sort de cette institution le 8 décembre. D'ici là, l'organisme se prêtera à une dernière consultation publique, ce soir, qui pourrait être houleuse puisque plusieurs parents et citoyens sont opposés au projet .
À l'heure où le taux de décrochage atteint des sommets, certains craignent que ce changement nuise à la réussite des jeunes, en forçant des dizaines d'ados à changer d'école trois fois en cinq ans.
La facture va encore allonger
Les contribuables québécois ont pourtant investi un montant colossal pour transformer cette école primaire en établissement secondaire, au cours des dernières années.
En 2003, la CSDGS avait obtenu une subvention de 338 041 $ pour réaménager le bâtiment. Puis, l'an der nier, un investissement de 224877$ y a été effectué pour la mise en place de locaux de science.
En tout, au moins 562 000 $ de fonds publics ont donc été dépensés pour transformer cette école, qui risque maintenant de retrouver sa vocation initiale.
Et ce n'est pas tout : ce retour à la case départ se traduira inévitablement par une autre facture salée pour les contribuables, avoue la présidente de la CSDGS, Marie-Louise Kerneïs. «Effectivement et nous en sommes conscients, a-t-elle indiqué au Journal. Je conviens qu'on a des choix à faire et que ces choix sont coûteux, mais en même temps est-ce qu'on a d'autres solutions? demandet-elle. Sur l'ensemble de notre budget, je ne dis pas que c'est rien, mais ça ne doit pas être la seule chose à regarder.»
Maryline Hawkins, une mère de famille rencontrée devant l'école, ne voit pas la situation du même oeil. «C'est de l'argent jeté par les fenêtres», s'indigne-t-elle.
Baisse du nombre d'élèves
La présidente de la CSDGS soutient plutôt que le projet est lié à une «baisse importante» du nombre d'élèves au secondaire.
Elle souligne que cette situation provoque un trou de 168 000 $ dans le budget de l'établissement.
Invitée à expliquer si ce phénomène était connu quand l'école a été transformée, en 2003, Marie-Louise Kerneïs fait valoir que les municipalités environnantes connaissent un boum immobilier «récent», qui attire de jeunes familles à la recherche «de places au niveau primaire.»
Le ministère de l'Éducation a d'ailleurs autorisé la construction d'une nouvelle école primaire à Candiac, au coût de 8 M$, souligne Mme Kerneïs, qui «se voit mal» en réclamer une autre.
Décision pas encore prise
L'aménagement d'une école à «vocation particulière» cadre aussi avec le «plan stratégique de la Commission scolaire», ajoute la présidente. «On doit diversifier l'offre de service au primaire et au secondaire», dit-elle.
La décision finale n'est pas encore prise, assure néanmoins Mme Kerneïs. Les commissaires se «questionnent» encore sur certains aspects du projet, dit-elle.
L'assemblée publique de consultation débute à 19 h, ce soir, au siège social de la CSDGS : 50, boulevard Taschereau à La Prairie.