«Il y en a qui disent que c'est facile, reconnaît le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad. On les prend et on les oblige à faire le travail, mais ça ne marche pas comme ça.
«Notre approche est volontaire. On veut que les gens aillent travailler et on se donne les moyens pour y arriver. On retrouve 60 000 personnes de moins sur l'aide sociale. Pour nous, le travail, c'est une valeur», a-t-il déclaré.
Le souhait de M. Hamad serait de voir tous ces emplois occupés par des Québécois, mais, dans le contexte de pénurie de main-d'oeuvre, qui ira en s'aggravant au cours des prochaines années, il est illusoire
de penser de cette façon. D'ici trois ans, on prévoit 460 000 départs à la retraite, ce qui créera une pression sans précédent sur le marché du travail. Puisque les travailleurs sont en position de choisir, ils vont se tourner vers des emplois «de qualité », ceux qui offrent davantage d'heures tout au long de l'année, a expliqué M. Hamad.
«Pour quelqu'un qui veut avoir un emploi à temps plein, c'est moins attirant à certains égards», a-t-il souligné.
Peu surpris
Le ministre ne s'est pas montré surpris du fait que des producteurs aient à parcourir la province au grand complet pour dénicher des travailleurs.
«Ce n'est pas juste au Québec qu'on voit ça. Il y a une compétition à l'échelle internationale pour attirer de la main-d'oeuvre. L'Australie et les États-Unis sont dans la même situation que nous.»
Les initiatives pour favoriser l'embauche de bénéficiaires d'aide sur les fermes du Québec n'ont pas toujours été couronnées de succès par le passé.
«En 1990, le Programme d'aide à l'intégration en emploi a été un flop monumental », se rappelle un producteur, qui précise que la motivation n'était pas toujours au rendez-vous.
Pas de transport
De son côté, le Front commun des personnes assistées sociales fait valoir que l'industrie ne met pas à la disposition des Québécois les mêmes moyens qu'elle offre aux travailleurs mexicains, notamment en ce qui a trait au transport.
«Les personnes assistées sociales n'ont pas de voiture, et le système de transport en commun vers les fermes n'est pas possible», a répliqué la porte-parole, Amélie Châteauneuf, qui en profite pour décrier au passage les conditions de travail des employés étrangers, qui doivent se soumettre, selon elle, «à des tâches harassantes, pendant de longues heures, à un salaire très bas».
«Aucun être humain ne devrait avoir à travailler dans ces conditions-là», croit-elle.