Hydro-Québec en train de perdre l'opinion publique

Achat d'Énergie Nouveau-Brunswick - Hydro-Québec en train de perdre l'opinion publique

Le Québec aimerait bien avoir accès au marché américain par l’entremise du Nouvau-Brunswick, mais les Néo-Brunswickois se demandent s’ils ne sont pas en train de laisser filer une bonne affaire pour eux... © PHOTO D'ARCHIVES

Dany Doucet
Le Journal de Montréal

Dernière mise à jour: 23-11-2009 | 10h16

L'achat d'Énergie Nouveau-Brunswick est loin d'être une affaire dans le sac pour Hydro-Québec, si on en croit un coup de sonde de l'opinion publique mené chez nos voisins par Léger Marketing, pour le compte de l'Agence QMI.

Aussi sur Canoe.ca

En fait, Hydro-Québec est en train de perdre la bataille des relations publiques au Nouveau-Brunswick et le temps commence à presser si elle souhaite renverser la vapeur... s'il n'est pas déjà trop tard.

Pas moins de 60 % de la population du Nouveau-Brunswick est présentement défavorable à l'idée de se départir de sa société d'énergie au profit d'Hydro-Québec. En fait, trois clients contre un manifestent leur désaccord.

Hydro-Québec a peut-être commis l'erreur de consacrer trop d'énergie à vendre son projet d'acquisition de 4,75 milliards $ aux Québécois, plutôt qu'aux Néo-Brunswickois.

Au Québec, le projet est largement accepté: trois Québécois contre un sont en faveur de cette méga-transaction, selon notre sondage.

Une flamme de scepticisme

On aurait pu croire que la population du Nouveau-Brunswick allait être heureuse de voir disparaître une grande partie de sa dette publique grâce à cette transaction, puis de faire geler ses tarifs d'électricité pour cinq ans. Mais ce n'est pas le cas.

Il faut dire que le premier ministre de Terre-Neuve, Danny Williams, ne cesse de souffler sur la flamme des sceptiques en alimentant le doute à l'égard des vraies intentions d'Hydro-Québec, qui finirait par contrôler une bonne partie de l'accès au marché américain.

Or, cela ne fait pas du tout l'affaire de Terre-Neuve, qui ne veut pas être obligée de négocier encore ses exportations d'électricité avec Hydro-Québec.

Course contre la montre

Pour se part, l'allié avec qui Jean Charest a signé le protocole d'entente à Fredericton le 30 octobre, le premier ministre libéral Shawn Graham, n'est pas en position de force en ce moment, démontre aussi notre sondage.

En effet, non seulement avait-il été élu avec quelques votes de moins que le parti conservateur en 2006 (mais avec un nombre supérieur de sièges), mais le Parti libéral de Shawn Graham ne recueille plus que 33 % de la faveur populaire contre 45 % pour le Parti progressiste-conservateur de David Alward.

Or, les élections ne sont que dans un an au Nouveau-Brunswick. Et les conservateurs ont bien promis de se débarrasser de ce projet de vente s'ils sont élus.

Hydro-Québec a donc très peu de temps devant elle pour convaincre la population du Nouveau-Brunswick que son gouvernement fait une bonne affaire dans cette transaction.


VENDU LÀ-BAS

  • Hydro-Québec ferait l'acquisition de la plupart des actifs d'Énergie N.-B. Les Néo- Brunswickois bénéficieraient de tarifs
  • moindres et d'une importante réduction de la dette provinciale, et le Nouveau-Brunswick s'assurerait à long terme d'une sécurité et d'une fiabilité d'approvisionnement en énergie et du développement de la province comme carrefour énergétique.

  • Le gouvernement du Nouveau-Brunswick demeurerait propriétaire- exploitant des centrales thermiques de Coleson Cove et de Belledune, qui fourniraient de l'électricité à Hydro-Québec dans le cadre d'ententes de façonnage.
  • Énergie N.-B. demeurerait une entité néobrunswickoise distincte ayant son siège social à Fredericton et conserverait sa raison sociale et son identité propres. Hydro-Québec offrirait un emploi à tous les employés d'Énergie N.- B. au moment de la clôture et respecterait les conventions collectives en vigueur.
  • VENDU ICI

  • Hydro-Québec ferait l'acquisition d'actifs de qualité, servirait plus de 370 000 nouveaux clients et pourrait tirer parti de la position géographique stratégique du Nouveau- Brunswick dans le nord-est de l'Amérique du Nord.
  • Cette transaction serait rentable dès la première année, procurant à Hydro-Québec un rendement de plus de 10% sur les capitaux propres.
  • Hydro-Québec pourrait demander que la province ferme ces centrales après un préavis d'un an et tous les droits d'émission appartiendraient à Hydro- Québec. Quant à la centrale de Dalhousie, elle cesserait progressivement sa production.
  • Source : communiqué de presse officiel du cabinet du premier ministre du Québec


    Vidéos

    Photos