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Grippe A

Bien pire que le grand verglas

Éric Yvan Lemay
Le Journal de Montréal
10/11/2009 08h41 

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Grippe A - Bien pire que le grand verglas
Steve Flanagan était porteparole d’Hydro-Québec durant le grand verglas.  
© PHOTO D'ARCHIVES

Presque 12 ans après le grand verglas, Steve Flanagan, celui qui s'est fait connaître du grand public comme porte-parole d'Hydro- Québec durant cette crise, regarde d'un oeil critique ce qui se passe avec la campagne de vaccination. Pour lui, les communications en temps de pandémie sont beaucoup plus complexes.

Les comparaisons avec la crise du verglas de 1998 sont difficiles à faire, selon lui. «On est dans d'autres paradigmes. On parle de la santé des gens. Le verglas, c'était quoi? De l'acier qui s'était effondré et des gens sans électricité. On a été en reconstruction pendant cinq semaines et, de façon générale, la question que les gens se posaient, c'est quand ils auraient de l'électricité», explique celui qui a participé à la formation de quelque 800 personnes du réseau de la santé en vue de la pandémie.

Tactiques semblables

Les moyens de communication n'étaient pas aussi rapides et on ne vivait pas une situation planétaire comme c'est le cas actuellement.

Par contre, on se rappellera que le PDG d'Hydro-Québec, André Caillé, et le premier ministre Lucien Bouchard ont pris un rôle important lors de points de presse quotidiens pour rassurer la population.

On a vu les autorités de la santé publique mettre la même tactique en action au cours de la dernière semaine avec un point de presse quotidien du directeur de la santé publique, le Dr Alain Poirier et une plus grande présence du ministre Yves Bolduc.

L'inquiétude a monté en flèche

Steve Flanagan indique que la mort de trois adolescents en Ontario a complètement changé la donne. «En 48 heures, le niveau d'inquiétude a monté de façon spectaculaire», rappelle-t-il. Avant ces événements, on se demandait même si les gens seraient au rendez-vous. «Les décès des jeunes a rehaussé l'inquiétude des parents qui ont tous voulu se rendre faire vacciner leur enfant. Ç'a rendu les choses plus difficiles au niveau des opérations, mais c'est beaucoup mieux depuis quelques jours», estime-t-il.

Ces événements, liés au matraquage des autorités qui ont fait la promotion continue de la vaccination sur toutes les tribunes, avaient fait grimper les attentes à un niveau très élevé, d'où certaines frustrations observées.

Prochaines semaines cruciales

Or, comme on l'a vu en fin de semaine à Montréal, l'intérêt pourrait baisser rapidement pour la vaccination, surtout pour les clientèles moins vulnérables qui pourraient se sentir moins à risque.

Selon lui, tout va dépendre de la perception du risque. «Plus il va y avoir de morts, en fait si jamais ça se met à toucher des gens en pleine santé, le niveau d'inquiétude va augmenter. Il va falloir gérer ça.»

* Vous pouvez lire les commentaires de Steve Flanagan sur la campagne de vaccination sur le site





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