Les citoyens de Longueuil ont montré la porte à un parti en place depuis 27 ans, hier, et porté au pouvoir la première femme élue de leur histoire, Caroline St-Hilaire.
C'est par une majorité d'environ 4 000 voix, selon les résultats disponibles en fin de soirée, qu'ils ont choisi, pour apporter un vent de changement sur la ville, celle qui avait été députée du Bloc Québécois dans Longueuil-Pierre-Boucher durant 11 ans.
Jacques Goyette, qui entendait remplacer l'ex-maire Claude Gladu aux commandes de Longueuil, où il avait lui-même agi comme vice-président du comité exécutif, devra faire son deuil de ses quatre dernières années de pouvoir sous la bannière du Parti municipal de Longueuil.
Caroline St-Hilaire était radieuse, hier soir, à l'annonce du résultat du scrutin. Et heureuse de déjouer ceux qui doutaient de sa possible victoire.
«C'était la victoire de la transparence», a t-elle dit.
Campagne
La campagne électorale s'est révélée une bataille de tous les instants entre les deux adversaires.
Elle a d'ailleurs commencé sur une fausse note qui a sérieusement embarrassé l'équipe Goyette lorsque, fin septembre, le magazine Maclean's a admis s'être trompé en annonçant que Longueuil était la ville la mieux gérée au Québec et où l'on retrouvait les citoyens bénéficiant du plus faible taux d'imposition au Canada.
Correction faite, c'est Sherbrooke qui était la mieux gérée. Longueuil se retrouvait au 8e rang dans cette liste -et dégringolait en 17e position quant au taux foncier.
Comme toutes les affiches et circulaires de sa campagne donnaient au parti municipal de Jacques Goyette le crédit de cette remarquable administration, il a bien fallu les retirer.
Mais Caroline St-Hilaire n'admettait pas que son adversaire ait tiré profit de telles données, qu'il devait savoir fausses.
Conflit d'intérêts
L'Action Longueuil de Mme St-Hilaire accusait aussi Jacques Goyette d'avoir été en conflit d'intérêt chaque fois qu'il avait voté pour l'attribution de contrats à des entrepreneurs qui comptaient parmi les clients de son cabinet de notaire.
De son côté, M. Goyette n'a pas cessé de faire passer Caroline St-Hilaire pour une candidate ignorant tout de la réalité municipale, notamment en ridiculisant son projet de métro de surface dans Longueuil.
Témoins de ces échanges acrimonieux, les citoyens de Longueuil ont finalement choisi la voie du renouveau.