Alors que le Québec anticipe un déficit de 4,7 milliards $ cette année, un syndicat représentant 27 000 profs du primaire et du secondaire réclamera... plus de congés et de journées pédagogiques pour ses membres.
Dans un document rendu public sur son site Internet, la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) annonce qu'elle revendiquera l'ajout de «journées de maladie et de congés pour les responsabilités familiales et professionnelles», dans la foulée du renouvellement des conventions collectives des employés de l'État.
Le syndicat, dont les membres enseignent principalement à Montréal et à Laval, réclamera de «fractionner les congés pour décès de façon à tenir compte des nouvelles réalités liées aux rites funéraires».
La FAE demandera aussi «d'augmenter à 20 le nombre de journées pédagogiques dans les secteurs de l'éducation des adultes et de la formation professionnelle».
Moins d'élèves par classe
Ces demandes surviennent alors que le Front commun intersyndical a indiqué qu'il réclamera des hausses salariales de 11,25 % sur trois ans lors des négociations avec le gouvernement Charest.
Il y a quelques jours, les profs avaient précisé certaines autres demandes, qui pourraient coûter plusieurs dizaines de millions de dollars aux contribuables si Québec y donnait suite.
La Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE), qui représente 60 000 profs, réclamera notamment une baisse du nombre d'élèves dans toutes les classes du Québec, autant au primaire, qu'au secondaire et à la formation professionnelle.
Le syndicat souhaite une diminution de l'ordre de 20 % dans les établissements scolaires situés «en milieux défavorisés», et de 15 % «dans les autres milieux».
La FSE revendiquera que soit limitée à 10 % la proportion d'élèves handicapés, en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage dans chaque classe. «La situation s'est détériorée dans les 20 dernières années», a fait valoir le vice-président du syndicat, Guy Savard, plus tôt cette semaine.
Les profs membres de la FSE souhaitent également que chaque groupe compte «un maximum d'un élève ayant des troubles graves du comportement ou un trouble envahissant du développement [...]»
Leurs collègues de la FAE ont des demandes semblables, mais ils vont aussi tenter de «contrer le développement de classes multiniveaux», une avenue privilégiée par des commissions scolaires aux prises avec une baisse du nombre d'élèves.
La Fédération des syndicats de l'enseignement a décliné la demande d'entrevue du Journal. Quant à la Fédération autonome de l'enseignement, elle ne nous a pas rappelés.