Après plusieurs semaines de répit, la grippe A effectue un retour en force un peu partout au Québec. Au cours des derniers jours on a noté une hausse des cas signalés aux autorités de la santé publique dans plusieurs régions. Le nombre d'appels à Info-Santé, lui, a littéralement explosé.
Entre le 12 et le 19 octobre, pas moins de 3511 appels ont été placés à Info-Santé pour des syndromes d'allure grippal. C'est le plus grand nombre d'appels depuis le mois d'avril, à l'exception de la semaine suivant le 11 juin où l'Organisation mondiale de la santé avait proclamé l'état de pandémie mondiale.
Au cours de la seule journée de lundi, 661 appels ont été enregistrés, soit 10,69 % de tous les appels au 8-1-1. Là aussi, il s'agit de pourcentage identique à ce qu'on enregistrait lors du pic de juin où on a compté plusieurs morts au Québec.
Une course contre la montre
Heureusement, au cours des dernières semaines, on ne rapporte pas de morts comme ça a été le cas en Ontario et en Colombie-Britannique.
Cette hausse importante complique la tâche des autorités de la santé publique qui doivent faire face à cette recrudescence en plus de préparer la vaccination de masse.
«On vient juste de recevoir les premières doses et on attend l'homologation (de Santé Canada). Le virus arrive en même temps. On a un sentiment qu'il faut aller au plus vite», indique le Directeur national de la santé publique, Dr Alain Poirier.
Les responsables se sont d'ailleurs lancés dans une véritable bataille médiatique pour convaincre les personnes réticentes de se faire vacciner. Pourtant, selon un sondage Léger Marketing-QMI seulement 8 % estiment que les autorités gouvernementales auront une influence sur leur décision de se faire vacciner. Ce sont surtout les médecins (41 %) et l'entourage (15%) qui auront une influence.
Crise de confiance
«Il y a une méfiance assez globale. Il y a une crise de confiance des décideurs», dit le Dr Poirier qui estime qu'il prend les décisions dans l'intérêt de la santé publique et non sous la pression des compagnies pharmaceutiques ou du gouvernement.
Il déplore d'ailleurs que certains «spécialistes» mettent en doute la nécessité de la vaccination. «C'est un petit peu tannant. En voulant montrer les deux côtés de la médaille, on perd en crédibilité. C'est comme si on avait à procéder à une chirurgie cardiaque et qu'on demandait à un psychiatre et un chirurgien cardiaque de se prononcer. À qui feriez-vous confiance?»
* Un sondage commandé par le ministère de la Santé démontre que 34 % des Québécois se feront vacciner à coup sûr. Une autre tranche de 24 % disent qu'ils se feront probablement vacciner. Finalement, 21 % disent qu'ils ne se feront pas vaccinés et 18 % probablement pas selon les résultats préliminaires obtenus auprès de 496 répondants.