Sans «majorité solide», «oubliez ça!» -Le maire Régis Labeaume

Nouveau colisée - Sans «majorité solide», «oubliez ça!» -Le maire Régis Labeaume

Le maire Régis Labeaume a fait connaître ses conditions hier : avant que l’actuel Colisée Pepsi ne soit remplacé par un amphithéâtre plus moderne, il faudra d’abord que la population de Québec lui donne un appui clair et massif aux prochaines élections municipales, sans quoi il ne se sentira pas tenu de mener à bien le dossier devant les instances supérieures. © J-C Angers

Marc-André Séguin
Le Journal de Québec

Les gens de Québec devront élire Régis Labeaume, doter l'Équipe Labeaume d'une «majorité solide» et se présenter massivement aux urnes aux élections municipales du 1er novembre, sans quoi le projet de nouvel amphithéâtre sera abandonné, a prévenu le maire de Québec hier.

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Voilà l'avertissement que le maire a lancé à la population à l'occasion de la dénomination officielle de l'aréna Gaétan-Duchesne dans Les Saules, deux jours seulement après avoir dévoilé en grande pompe son projet d'amphithéâtre lors d'une importante conférence de presse vendredi.

«Si je n'ai pas de majorité au conseil (municipal), ça veut dire que les gens ne veulent pas d'amphithéâtre. Oubliez ça, a lâché le maire. Pas de majorité au conseil, je laisse tomber ça. Ça veut dire que le message est clair. Ça veut dire qu'ils (les électeurs) ne nous font pas suffisamment confiance pour qu'on ait le pouvoir de régler ça.

[...]. Je ne veux pas faire de menaces, mais à un moment donné, le signal, il faut qu'il soit clair. »

Et la majorité devra être «solide », a par ailleurs affirmé le maire, en refusant toutefois de chif frer cette dernière. «Je vous laisse analyser ça!» a-t-il plutôt lancé.

M. Labeaume a poursuivi en ajoutant un troisième critère : celui du taux de participation aux prochaines élections municipales. Après avoir déclaré la veille qu'il s'attendait à un taux de par ticipation anémique le jour du scrutin, pouvant atteindre un niveau plus bas que 46 % enregistrés en 2007, le maire a ajouté qu'il abandonnerait aussi le projet si le taux de participation atteindrait un seuil plus bas que 30 %, même s'il obtenait une majorité au conseil municipal.

«Même avec une majorité à 30 %, ça veut dire que l'intérêt n'est pas là.»

«Pas des menaces»

Questionné à savoir si ces critères ne constituaient pas une forme de chantage à la population, le maire s'est vigoureusement défendu. «Vous avez le goût de faire un titre avec une menace? C'est ça qui vous tente? Je viens de vous dire non. Ne me revenez pas avec ça», a-t-il notamment lancé.

Il a réitéré à plusieurs reprises-- y compris lors d'entretiens téléphoniques subséquents avecLe Journal-- qu'il ne souhaitait pas par ces déclarations menacer d'une quelconque manière ses concitoyens, mais qu'il cherchait plutôt à dire aux gens de « donne(r) un signal à ceux qui ont à voir là-dedans».

«Si le signal n'est pas clair, les gouvernements, ils essaieront de passer tout droit. Alors, c'est important cette affaire-là», a-t-il expliqué.

«Je me suis étiré le cou, j'ai osé, s'est défendu le maire. Moi, ma décision est prise. (Les gens) ont à prendre leurs propres décisions concernant ce projet. Ça fait 15 ans que j'en entends parler (de l'amphithéâtre). Ça fait deux ans que le monde ne me lâche pas les oreilles avec ça, particulièrement les jeunes. Les jeunes, ils sont aussi bien d'aller voter. Parce que s'ils n'y vont pas, qu'ils ne m'en parlent plus! C'est clair?»

Plus tôt, M. Labeaume a voulu expliquer son propos par une façon «claire» de faire de la politique, élément qu'il a à nouveau répété au cours d'une entrevue téléphonique hier.

«Même si les gens appuient (le projet) à 87 % dans un sondage, s'ils ne font pas le geste d'aller voter pour confirmer leur intention [...], ça veut dire que l'intérêt n'est pas vraiment là.»


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