Benoît Labonté dans l'eau chaude

Élections municipales | Montréal - Benoît Labonté dans l'eau chaude

Benoît Labonté et Louise Harel, de Vision Montréal, en campagne électorale.© Agence QMI/Luc Cinq-Mars

Mathieu Turbide
Le Journal de Montréal

Dernière mise à jour: 17-10-2009 | 11h05

Le chef de l'opposition officielle à la Ville de Montréal et bras droit de Louise Harel, Benoît Labonté, aurait obtenu 25 000 $ en argent comptant de la part de l'une des trois compagnies impliquées directement dans le scandale du contrat des compteurs d'eau, mais pas celle de Tony Accurso.

Selon une enquête de TVA, M. Labonté aurait touché cette somme en mars 2008, alors qu'il préparait sa campagne pour se faire élire chef du parti Vision Montréal, après avoir claqué la porte du parti Union Montréal, du maire Gérald Tremblay.

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Selon deux témoins différents, qui se sont confiés à TVA sous le couvert de l'anonymat, un représentant de la compagnie en question aurait remis à M. Labonté 25 000 $ en argent comptant dans une enveloppe, lors d'une rencontre dans les bureaux de la mairie de l'arrondissement Ville-Marie.

«Il y a une enveloppe brune matelassée avec des bulles et de laquelle sortent des liasses de billets. Elle était pleine [...] et cette personne-là prend des liasses et fait comme un jeu de cartes pour montrer que l'argent est là», a décrit l'une des sources, une personne présente lors de cette rencontre.

Benoît Labonté aurait alors demandé si le compte y était. «[...] Monsieur Labonté a dit lui-même: [...] le 25 y es-tu?», a continué cette même source.

«S'il n'a pas vu l'enveloppe, il est aveugle, a dit la source. Et s'il n'a pas vu l'argent, il est doublement aveugle parce que l'argent sortait de l'enveloppe. Et la personne qui lui a amené l'enveloppe a sorti des liasses.»

TVA affirme que la deuxième personne à témoigner a confirmé que le montant était bel et bien de 25 000 $ et que cette remise d'argent a eu lieu à la mi-mars 2008, un mois après une rencontre dans un restaurant, en février, entre un dirigeant de cette même compagnie et Benoît Labonté.

Quelle compagnie?

Trois compagnies privées sont directement impliquées dans le contrat des compteurs d'eau accordé par la Ville de Montréal.

La première est BPR, qui a été embauchée par la Ville pour préparer l'appel d'offres, les cahiers de charge et pour superviser l'évaluation des soumissions.

BPR a recommandé l'octroi du contrat au consortium GÉNIeau, formé des compagnies Simard-Beaudry (propriété de Tony Accurso) et de Dessau (la firme qui a embauché l'exprésident du comité exécutif de Montréal, Tony Zampino).

Les sources de TVA n'ont pas voulu dévoiler laquelle de ces trois compagnies aurait fourni les 25 000 $ à Benoît Labonté. Mais elles ont assuré qu'il ne s'agissait pas de Simard-Beaudry.

Voici un extrait de la discussion entre une des sources et le journaliste Paul Larocque:

«- Il (Benoît Labonté) a dit spécifiquement: C'est-tu nos amis de...? Et là, il a cité une entreprise privée, une firme qui est impliquée dans le scandale des compteurs d'eau aujourd'hui.

- Quelle compagnie?

- Je ne peux pas la citer, mais ce n'était pas la compagnie de Tony Accurso.

- Donc, une des deux autres?

- Exact.»

Les deux personnes interrogées par TVA se sont dites prêtes à collaborer avec la justice si une commission d'enquête venait éventuellement tenter de faire la lumière sur les pratiques controversées dans le monde municipal.

  • Benoît Labonté, qui était maire de l'arrondissement Ville-Marie, a quitté Union Montréal en septembre 2007 en raison de désaccords avec Gérald Tremblay. Dans les mois qui ont suivi, il a préparé sa campagne pour prendre la tête du parti Vision Montréal. Il a été couronné chef de Vision en mai 2008.
  • Benoît Labonté a nié énergiquement, hier, avoir reçu de l'argent de Tony Accurso ou même l'avoir rencontré.


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