Québec serre la vis aux usines à chiots

Loi - Québec serre la vis aux usines à chiots

Le gouvernement Charest propose de nouvelles mesures contre la cruauté envers les animaux, dont des amendes plus élevées et un plus grand nombre d’inspecteurs. © PHOTO D'ARCHIVES

Jean-François Racine
Le Journal de Québec

Le gouvernement Charest vient d'adopter une série de mesures plus sévères pour contrer les horreurs des usines à chiots et améliorer le bienêtre des animaux de compagnie.

Les libéraux veulent donner plus de mordant à la loi existante, notamment en multipliant par quatre le nombre d'inspecteurs, qui passera de cinq à vingt dans la province. Cet embauche coûtera quelque 400 000 $. Les amendes données aux contrevenants seront également augmentées de manière importante afin de prévenir les mauvais traitements.

Un programme d'aide financière d'un million de dollars pour améliorer les installations d'accueil des animaux des SPA et SPCA sera aussi mis en place.

Le Groupe de travail sur le bien-être des animaux de compagnie, présidé par le député Geoffrey Kelley, a déposé son rapport, hier. Un total de 36 spécialistes ont participé à quatre rencontres entre mars et juin 2009.

Les travaux ont été instaurés puisque le Québec jouit d'une réputation peu enviable comme terre d'accueil de nombreux élevages non conformes de chiens, dans lesquelles les conditions sont déplorables.

À l'origine, la Loi sur la protection sanitaire des animaux (P-42), en vigueur de-puis janvier 2005, avait été jugée très sévère mais son application s'est avérée moins efficace que prévue. De plus, l'organisme Anima-Québec, qui doit prévenir la cruauté envers les animaux, a réalisé 9 saisies ou sauvetages et rédigé 78 rapports d'infractions entre janvier 2005 et juin 2009.

En Ontario, les amendes pour de tels crimes peuvent grimper jusqu'à 60 000 $ et 24 mois de détention. Au Québec, les amendes oscillent entre 600 $ et 1800 $ pour une deuxième offense.

«C'est mieux mais dans un monde idéal, ce n'est jamais assez. La loi est bonne puisque que nous avons gagné toutes les causes en justice», mentionne Denise Tousignant, présidente d'Anima-Québec.

«Si on augmente de façon substantielle les amendes, ça fait beaucoup plus réfléchir », a indiqué le ministre Claude Béchard.

«Il faut faire mieux pour changer l'image du Québec dans ce dossier», a dit son collègue Geoffrey Kelley.

La diffusion d'images choquantes avait incité des citoyens à manifester et une pétition de 55 000 noms avait exigé des changements.

Le médecin-vétérinaire Claude Martineau, de la SPA Québec, est satisfait des résultats.

«Le point le plus important, c'est l'idée de réseautage, que ça puisse continuer. S'il y a une volonté politique, vous allez voir, ça va changer rapidement.»


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