Tout un revirement de
situation, hier, alors que le ministère
de la Santé et des Services Sociaux a
annoncé vouloir s’attaquer à la grippe
A(H1N1) d’abord, puis à la traditionnelle
influenza ensuite.
Même si le plan initial prévoyait pourtant
le contraire, une campagne de vaccination
majeure contre la grippe A(H1N1) se mettra
donc en branle dès le 15 novembre prochain,
à travers tout le Québec. Les vaccins contre la
grippe saisonnière seront de leur côté administrés
à compter de janvier prochain.
«Il a été décidé, au Québec, d’inverser les
campagnes de vaccination. C’est donc dire
que les vaccins de la A(H1N1) seront administrés
dès que le vaccin sera disponible, vers
le 15 novembre», explique le directeur de la
protection de la santé publique, le Dr Horacio
Arruda.
Celui-ci a toutefois précisé que des
personnes à risque de complication due à
l’influenza seront vaccinées avant janvier
contre la grippe saisonnière.
Il n’exclut pas
non plus que d’autres vaccins contre la grippe
saisonnière soient également administrés
avant la nouvelle date prévue, selon son
nombre d’éclosions et sa virulence.
Plusieurs facteurs
Plusieurs facteurs expliquent ce changement
de planification important à l’aube du
retour du froid. Les experts sont entre autres
d’avis que la grippe A(H1N1) circulera davantage
que la grippe saisonnière parmi la population
québécoise cet automne.
Ils craignent
également qu’une deuxième vague pandémique
de la A(H1N1) soit beaucoup plus virulente
que la première.
De plus, certaines études canadiennes tendent
à démontrer que les personnes vaccinées
contre la grippe saisonnière sont plus à
risque de contracter la A(H1N1). Delà l’importance
d’agir rapidement. «Il ne faudrait
surtout pas que ceux qui ont été vaccinés
contre la grippe saisonnière se sentent protégés,
car ce n’est pas le cas du tout», prévient
le Dr Philippe de Wals, président du Comité
sur l’immunisation du Québec.
Le vaccin contre la grippe A(H1N1) sera offert
gratuitement à toute personne désireuse
de l’obtenir. Six groupes sont toutefois priorisés:
les malades chroniques de moins de 65
ans, les femmes enceintes, les enfants âgés
entre six mois et cinq ans, les personnes résidantes
d’une localité ou communauté éloignée,
voir isolée, les travailleurs de la santé
ainsi que toute personne habitant avec des
personnes à risque élevé de contracter le virus.
«Pas dangereux, au contraire»
Les experts insistent fortement pour que
tous mettent de côté leur peur et se fassent
vacciner. «Il se dit beaucoup de choses depuis
quelque temps sur la vaccination, mais les
bénéfices des vaccins ont toujours surpassé
les effets secondaires, soutient le Dr. Arruda.
Il y a toujours eu beaucoup plus de vies sauvées
que des problèmes.
«Nous allons informer la population en
toute transparence ce que nous savons. Nous
n’avons nullement l’intention de donner un
vaccin que nous ne considérons pas safe,
ajoute le Dr Arruda. Personnellement, je préfère
avoir un peu de température dans le bras
pendant quelques minutes, plutôt que de me
ramasser aux soins intensifs».
Rappelons qu’environ cinq personnes
pourraient être vaccinées chaque minute sur
le territoire de la Capitale-Nationale, si nécessaire.