Grande première dans le dépistage du VIH à Montréal, les homosexuels n’auront plus à se rendre en clinique pour obtenir un dépistage rapide. Depuis mercredi, un organisme communautaire offre ce service, tout à fait gratuitement et anonymement «aux gars qui baisent avec des gars».
Dans le but de conscientiser les homosexuels à des pratiques sexuelles sécuritaires, de compiler de nouvelles données sur la sexualité et ses infections ainsi qu’à surveiller la mutation du virus, un groupe d’acteurs ont créé Spot.
Le service offert au 1223-A de la rue Amherst dans le quartier gai de Montréal permet au patient d’obtenir ses résultats en moins d’une heure au lieu des trois semaines requises habituellement par le test standard.
L’intéressé devra remplir un formulaire de consentement. Il aura ensuite à répondre à quelques questionnaires pour faire le bilan de ses pratiques sexuelles. Ensuite, un infirmier lui percera le bout du doigt pour y prélever quelques gouttes de sang. Les échantillons seront par la suite étudiés et les résultats acheminés. Le test comme tel ne dure que cinq minutes.
Une première en milieu communautaire
Depuis près de cinq ans, le test de dépistage rapide est utilisé dans quelques cliniques à Montréal, comme c’est le cas dans la Clinique l’Actuel. Cependant, c’est la première fois qu’un tel test est offert en milieu communautaire.
«L’avantage de notre approche est que nous regroupons des gens de laboratoire et des intervenants communautaires», explique le Dr Mark Wainberg, directeur du Centre SIDA McGill situé à l’Hôpital général juif de Montréal.
Selon lui, l’offre d’un tel service dans un lieu communautaire devrait attirer un plus grand nombre de gens habituellement froids à l’idée de devoir se rendre dans une clinique.
C’est grâce à une subvention du gouvernement fédéral de 750 000 $ sur trois ans qu’on peut offrir ce service. Le test d’un seul échantillon est évalué à 1,80 $. Le Spot espère administrer 4000 dépistages d’ici à décembre 2010.
Bonne nouvelle
Le président de Gai écoute, Laurent McCutcheon, se réjouit de cette initiative. «On ne peut qu’applaudir tous les moyens qui peuvent aider à prévenir la propagation du VIH.»
Au Québec, 50% des nouvelles infections au VIH sont transmises par des gens nouvellement infectés. Un tiers des gens infectés ne sont même pas au courant de leur statut. À Montréal, les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes sont les plus touchés par l’épidémie.