Depuis ce matin, tout plaisancier qui navigue sans détenir une carte de compétence est passible de 250 $ d'amende.
C'est donc par milliers, ces derniers jours, que les propriétaires et utilisateurs d'embarcations à moteur se sont inscrits à des cours ou ont passé leur examen afin de se confor mer à la nouvelle réglementation.
Robert Dupel, porte-parole de Examenbateau.com, l'un des mandataires accrédités, affirme que les inscriptions ont bondi de 30 % ces trois dernières semaines.
«Entre 900 et 1 200 personnes s'inscrivent chaque jour à l'examen par Internet.»
«C'est sans compter, dit-il, les 1 000 inscriptions reçues lors d'un salon d'exposition à Toronto ce week-end et les gens qui faisaient la queue dans un autre, à Aylmer».
Transition sur dix ans
Il y a dix ans, Transports Canada annonçait l'imposition de nouvelles règles dans l'espoir d'améliorer la sécurité nautique. Jusque-là, n'importe qui, sans même connaître les rudiments de la navigation, pouvait conduire un bateau.
On a progressivement contraint les plus jeunes plaisanciers, puis les propriétaires de petites embarcations et finalement l'ensemble des plaisanciers à se munir d'une carte de navigation.
L'obtention d'une telle carte n'a rien de sorcier. On peut suivre un cours de quelques heures en classe et passer l'examen, sous surveillance. On peut aussi, plus facilement, répondre à l'examen de chez soi, via Internet, après avoir parcouru le guide nautique et en demandant à un ami de certifier qu'on n'a pas triché.
Des tricheurs
La règle établie veut qu'on n'ait pas son livre à côté de soi -pas même un téléphone.
Mais par Internet, les abus sont possibles. Robert Dupel reconnaît qu'il est «facile de tricher», son livre à côté de soi.
«On demande aux gens d'être honnêtes, mais vous avez raison», admet aussi Maryse Durette, porte-parole de Transports Canada, quand on lui soumet que la tromperie est facile, par Internet.
Néanmoins, les intervenants s'accordent pour dire que l'idée de base est d'amener la majorité des plaisanciers à acquérir «les connaissances minimales requises».
«Et même en s'aidant d'un livre, les gens sont forcés de faire une recherche minimum pour répondre aux questions», insiste Robert Dupel.
Si bien qu'en dépit de toute tricherie, on aura certainement atteint l'objectif visé, en bout de course, soutiennent-ils.
Le système a ses failles. Reste à voir si l'imposition d'une carte de compétence, dans ce contexte, aura un réel impact sur les statistiques liées à la sécurité nautique.
En 2009 seulement, près d'un million de Canadiens se sont procuré la carte de conducteur d'embarcation de plaisance. On compte maintenant 2,65 M de détenteurs.