50 000 $ dépensés en quelques heures

Exclusif - 50 000 $ dépensés en quelques heures

Notre photographe a pu croquer cette scène, peu avant le début de la réception, dans la salle louée par la CSDM au Marché Bonsecours. © Thierry Avril

Sébastien Ménard
Le Journal de Montréal

Dernière mise à jour: 24-08-2009 | 10h41

En pleine crise économique, la Commission scolaire de Montréal a dépensé près de 50 000 $ en quelques heures seulement pour offrir des petites bouchées, du vin, une prestation de cirque et un service de navette à ses cadres, lors d'une réception tenue au Marché Bonsecours la semaine dernière.

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La CSDM, où 42 % des élèves sont issus de milieux défavorisés, a dépensé au moins 49 416 $ lors de cette «rentrée administrative» qui avait lieu jeudi dernier après les heures de bureau.

Près de 600 personnes, dont des directeurs d'école, directeurs de réseaux et de services ainsi que des élus scolaires, y participaient, a confirmé au Journal le porte-parole de l'organisme, Alain Perron.

La réception était l'occasion pour les invités d'entendre des discours de la présidente de la CSDM, Diane de Courcy, et du directeur général, Gilles Petitclerc.

Il en a coûté près de 20 000 $ pour alimenter les convives et 12 000 $ pour la sonorisation et la technique, notamment.

La Commission scolaire, qui compte plus de 200 établissements dont plusieurs sont dotés d'un gymnase, a déboursé près de 5000 $ pour louer une grande salle de réception du Marché Bonsecours. Selon Alain Perron, «aucune école n'était appropriée pour la tenue de ce genre d'événement».

«Nous préconisons un endroit assez vaste pour favoriser les échanges dans un cadre informel et convivial», indique le porte-parole, en soulignant que le Marché Bonsecours est «un lieu central montréalais».

«Un manque de jugement»

À l'heure où la crise économique force de nombreux ménages à se serrer la ceinture, la Ligue des contribuables du Québec dénonce ces dépenses, qui dénotent, selon elle, «un manque de jugement».

«On en a ras-le-bol d'entendre des histoires comme ça, lance la porte-parole de la Ligue, Claire Joly. On ne leur demande pas de se sacrifier, dit-elle. On leur demande seulement de dépenser notre argent de manière intelligente.»

Selon Mme Joly, il est pour le moins ironique que de telles dépenses aient été effectuées la semaine dernière, au moment même où les commissions scolaires se disaient sous-financées et dénonçaient le versement de dons par Hydro-Québec à des écoles privées.

«À force d'apprendre des choses comme celle-là, on va cesser de les croire quand ils prétendront avoir besoin d'argent pour le bien-être des enfants, dit Claire Joly. Des comportements comme celui-là jettent le discrédit sur tout le réseau public d'éducation.»

Reconnaissance

La Commission scolaire de Montréal fait plutôt valoir que cette «rentrée administrative» est «la seule occasion dans l'année où tous ces gens se rencontrent et échangent sur les orientations et les priorités».

Le porte-parole, Alain Perron, souligne également qu'il s'agit pour la CSDM d'une occasion de «remerciement et de reconnaissance envers les directeurs et directrices» d'écoles.


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